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Kisangani : les victimes de la guerre de six jours exigent la poursuite des indemnisations dans la transparence

À Kisangani, le processus d’indemnisation des victimes de la guerre de six jours franchit une étape déterminante, mais suscite encore des attentes pressantes de la part des survivants.

Réunies mercredi autour du ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, lors d’échanges ayant duré près de cinq heures, les victimes ont exprimé leurs préoccupations majeures, notamment liées à leurs besoins humanitaires urgents et à la lenteur du processus. Dans un esprit d’assainissement et de justice, la majorité des victimes soutient désormais l’audit des listes établies par le Fonds de réparation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO), tel que proposé par le gouvernement central. Cette démarche vise à identifier les véritables bénéficiaires et à mettre fin aux soupçons persistants de fraude et de manipulation qui entachent ce processus depuis plusieurs années. Toutefois, les victimes redoutent que cet audit, bien qu’essentiel, n’entraîne de nouveaux retards dans le paiement des indemnisations, alors que nombre d’entre elles vivent dans des conditions précaires. Au terme de cette rencontre, un consensus s’est dégagé en faveur de cet audit, perçu comme une étape incontournable pour restaurer la crédibilité du mécanisme d’indemnisation.

Le ministre de la Justice a insisté sur la nécessité de privilégier un dialogue direct avec les victimes afin de garantir la transparence et de rétablir la vérité . « Il était plus que nécessaire d’échanger directement avec les victimes pour rétablir la vérité et garantir la transparence dans ce processus », a-t-il déclaré. De leur côté, les victimes maintiennent que les fonds issus de l’indemnisation versée par l’Ouganda leur sont destinés de plein droit, appelant à une gestion rigoureuse et équitable. Une position nuancée par le ministre, qui a rappelé que ces ressources relèvent de la responsabilité de l’État congolais, chargé d’assurer la protection et l’assistance de sa population.

Dans une démarche inclusive, Guillaume Ngefa a également rassuré les victimes non identifiées lors des premières phases notamment celles qui étaient mineures au moment des faits ou qui n’avaient pas accès aux mécanismes d’enregistrement qu’un processus complémentaire d’identification sera mis en place. Leur intégration restera conditionnée à la présentation de preuves suffisantes. Pour les victimes, cette avancée constitue une lueur d’espoir, mais elles appellent les autorités à agir avec diligence afin que justice réparatrice rime enfin avec soulagement concret pour les populations longtemps oubliées.

Anaïs BARAKA

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