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FDLR : Steve Mbikayi dénonce une charge injuste imposée à la RDC et appelle la communauté internationale à agir

La République démocratique du Congo n’a jamais été à l’origine des rivalités ethniques entre Hutu et Tutsi au Rwanda.

Pourtant, depuis plusieurs décennies, elle en subit les conséquences sécuritaires, humanitaires et politiques sur son propre territoire. C’est la position défendue par Steve Mbikayi, qui estime injuste d’exiger de la RDC qu’elle règle seule la question des FDLR. Selon l’élu congolais, les tensions entre Hutu et Tutsi se sont aggravées durant la période coloniale, notamment avec l’introduction par l’administration belge de classifications raciales controversées. Après l’indépendance du Rwanda en 1962, plusieurs cycles de violences et de discriminations ont entretenu l’instabilité nationale. Entre 1990 et 1994, une guerre oppose le gouvernement rwandais au Front patriotique rwandais, composé majoritairement de réfugiés tutsi. L’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994, précipite ensuite le génocide des Tutsi, perpétré par des extrémistes hutu. Après la prise du pouvoir par le FPR, des millions de réfugiés hutu traversent la frontière pour s’installer en République démocratique du Congo, emportant armes et munitions. Accueillis à la demande de la communauté internationale, plusieurs groupes armés se livrent alors à de graves exactions contre les populations congolaises. Steve Mbikayi rappelle que la crise rwandaise a ainsi été exportée sur le sol congolais, ouvrant la voie à la création de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo et au début des agressions répétées contre la RDC. Une partie des combattants hutu restés dans l’est du pays formera plus tard les Forces démocratiques de libération du Rwanda.

Pour le député national, la RDC demeure avant tout victime d’un conflit étranger qu’elle n’a ni provoqué ni entretenu. Il juge donc inacceptable que la responsabilité du démantèlement des FDLR repose exclusivement sur Kinshasa. Il plaide pour une solution collective impliquant la communauté internationale, la RDC et le Rwanda, avec l’appui de partenaires engagés tels que les États-Unis. Parmi les pistes avancées figurent le retrait des forces rwandaises du territoire congolais, un programme crédible de désarmement, démobilisation et réintégration, ainsi que des garanties sécuritaires, judiciaires et économiques pour les ex-combattants. Steve Mbikayi estime enfin que seule une approche globale, combinant pression militaire ciblée, mécanismes politiques et responsabilités partagées, permettra de mettre fin durablement à cette crise. Pour lui, demander à la RDC de porter seule le poids d’un conflit importé revient à condamner une nation déjà meurtrie à payer encore pour les erreurs des autres.

Rodrigue KASINDE

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