Beni : l’ANVC condamne le massacre de Ngadi et exige une enquête internationale indépendante

L’Association Nationale des Victimes du Congo (ANVC) a condamné avec la plus grande fermeté l’attaque meurtrière attribuée aux rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF), survenue dans la nuit du 30 au 31 mai 2026 dans le quartier Ngadi, à Beni, au Nord-Kivu.
Selon les premières informations recueillies auprès des témoins et survivants, au moins quatorze civils ont perdu la vie lors de cette incursion sanglante, tandis que plusieurs autres personnes auraient été enlevées par les assaillants. Parmi les victimes figure notamment Nzanzu Magese, artiste comédien pygmée bien connu dans la région, tué aux côtés de ses parents. Cette tragédie a particulièrement touché la communauté pygmée, déjà confrontée à de nombreuses violations des droits humains. Dans un communiqué de presse publié ce lundi 1er juin à Kinshasa, l’ANVC déplore la persistance des massacres dans la région de Beni et s’inquiète de ce qu’elle qualifie d’inaction répétée des autorités sécuritaires malgré les nombreuses alertes lancées avant l’attaque. L’organisation évoque également des allégations récurrentes de complicités internes avec les groupes armés, estimant que ces accusations méritent des investigations approfondies, impartiales et crédibles. Réagissant à ce nouveau drame, le coordonnateur de l’ANVC, Sadiki Shamukobya Espoir, a exprimé son indignation face à la recrudescence des violences contre les populations civiles. « Les habitants de Beni ne peuvent pas continuer à vivre sous la menace permanente des massacres, des enlèvements et des attaques répétées. Nous demandons qu’une enquête internationale indépendante soit ouverte afin d’établir toutes les responsabilités et de mettre fin à l’impunité qui favorise la répétition de ces atrocités », a déclaré Sadiki Shamukobya Espoir. L’ANVC appelle le Président de la République et le gouvernement congolais à renforcer sans délai les mécanismes de protection des civils et à diligenter une enquête sérieuse sur cette attaque.
L’organisation demande également au ministre de la Justice d’engager des poursuites contre les auteurs directs et indirects ainsi que contre toute personne soupçonnée de complicité avec les ADF. Par ailleurs, l’association sollicite l’implication de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH), de la MONUSCO ainsi que de plusieurs organisations internationales de défense des droits humains afin d’assurer la protection des populations civiles et la documentation indépendante des faits. L’ANVC estime qu’aucune inhumation des victimes ne devrait intervenir avant l’ouverture d’une enquête indépendante et crédible permettant de déterminer les circonstances exactes de cette tragédie et d’identifier les éventuelles responsabilités des autorités provinciales, des services de sécurité et de toute autre personne impliquée directement ou indirectement. Tout en réaffirmant son engagement aux côtés des victimes et des survivants des violences dans l’Est de la République démocratique du Congo, l’organisation appelle la communauté internationale à agir rapidement pour prévenir de nouvelles atrocités contre les populations civiles de Beni et des autres zones affectées par l’insécurité.
ZAWADI Kavira




