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Panique à Bukavu : Le M23 traque des jeunes à Nyalukemba, plusieurs conduits de force au Camp Saio

Une vive tension a secoué tôt ce mardi matin 30 septembre 2025 le quartier Nyalukemba, situé dans la ville de Bukavu, province du Sud-Kivu, alors que des éléments armés du Mouvement du 23 Mars (M23) ont lancé une vaste opération de traque ciblant spécifiquement les jeunes garçons des avenues Hewa Bora, Irambo ainsi que dans les environs du cimetière local.

Selon plusieurs témoignages concordants recueillis sur place par TOP AFRICA ONE, des militaires lourdement armés ont procédé à des arrestations arbitraires, sans mandat ni explication claire, emmenant de force des dizaines de jeunes vers le camp militaire Saio. À l’heure actuelle, le nombre exact de personnes arrêtées demeure inconnu, mais la panique est générale dans les familles et le climat est empreint de peur et d’incertitude.Recrutement forcé déguisé ?Derrière cette opération brutale, des craintes grandissantes émergent dans la population , s’agirait-il d’un recrutement forcé déguisé au sein des rangs du M23 ?

L’histoire récente de la région, marquée par des enrôlements forcés, des disparitions, et des atteintes graves aux droits humains, alimente l’inquiétude. Ce type d’agissements constitue une violation flagrante des droits fondamentaux, notamment ceux de la liberté, de la sécurité de la personne et du droit de ne pas être enrôlé de force dans un groupe armé. Le silence ou la complicité de certains acteurs militaires locaux ne fait qu’aggraver le sentiment d’abandon ressenti par la population.

Un appel pressant à la communauté internationale

Jeremie Baraka, journaliste d’investigation , analyste indépendant et acteur de droit humains , dénonce avec fermeté ces pratiques inhumaines et contraires aux principes du droit international humanitaire. Il est impératif que la MONUSCO, les organisations de défense des droits humains, les États partenaires de la RDC, ainsi que l’Union Africaine et les Nations Unies, prennent immédiatement des mesures pour obtenir la libération sans condition de tous les jeunes arrêtés et empêcher que de tels actes ne se reproduisent.

Silence complice ou impuissance de l’État ?

La présence du M23 à Bukavu, et surtout sa capacité à opérer en plein jour dans des quartiers densément peuplés, soulève des interrogations profondes sur l’autorité de l’État congolais et l’efficacité de sa mission de protection des citoyens. L’absence de réaction officielle jusqu’à présent ne fait qu’accentuer l’angoisse des familles et la défiance vis-à-vis des institutions.

Vigilance citoyenne et mobilisation nécessaire

Alors que la RDC traverse une période critique, il est plus que jamais crucial de renforcer la vigilance citoyenne, de documenter les exactions et de porter la voix des victimes au niveau national et international. Ce qui se passe à Nyalukemba aujourd’hui pourrait bien se répéter ailleurs demain, si l’impunité reste la norme.

« Nous resterons toujours debout, aux côtés de ceux que l’on veut faire taire, pour dénoncer l’injustice et exiger la vérité. »conclu Jérémie Baraka

ANAËL AMP

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