Réparations des victimes : le CVC-DH réclame une enquête indépendante sur les opérations du FONAREV dans trois provinces

Le Cri des Victimes du Congo pour les Droits de l’Homme (CVC-DH) appelle le Président de la République à diligenter une enquête indépendante sur les opérations d’identification des victimes menées par le Fonds National de Réparation des Victimes (FONAREV) dans les provinces du Kwilu, du Maï-Ndombe et de l’Ituri.
Dans un communiqué de presse publié le 8 juillet 2026 à Kinshasa, l’organisation affirme avoir reçu de nombreuses plaintes émanant de victimes, de témoins directs et d’acteurs locaux faisant état d’irrégularités présumées dans le processus. Selon le CVC-DH, plusieurs personnes concernées dénoncent notamment un manque de transparence dans les opérations d’identification, des allégations de népotisme et de clientélisme, le recours à des enquêteurs extérieurs au détriment des compétences locales, ainsi que l’exclusion présumée de nombreuses victimes pourtant éligibles aux réparations. L’organisation estime que ces accusations méritent une vérification approfondie par les autorités compétentes. Le CVC-DH se dit particulièrement préoccupé par la situation dans le territoire de Yumbi, au Maï-Ndombe, où les violences ayant marqué cette région ont fait plus de 535 morts selon plusieurs sources publiques. L’organisation indique avoir été saisie par des survivants et des représentants locaux qui affirment que de nombreuses victimes et leurs ayants droit n’auraient pas été correctement recensés lors des opérations d’identification. Elle souligne que ces informations nécessitent une enquête indépendante afin d’établir les faits.
Dans la même dynamique, le CVC-DH demande également qu’un audit indépendant soit réalisé sur les opérations d’identification conduites en Ituri, afin de s’assurer que les droits de toutes les victimes sont respectés conformément à la loi n°22/065 du 26 décembre 2022 portant principes fondamentaux relatifs à la protection et à la réparation des victimes des violences liées aux conflits armés et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité. Tout en saluant la volonté affichée par le Président de la République de placer les victimes au cœur des politiques publiques de réparation, le CVC-DH estime que cette ambition doit s’accompagner d’une mise en œuvre fondée sur la transparence, l’impartialité, l’égalité de traitement et la participation effective des victimes. Elle demande ainsi l’ouverture d’une enquête administrative, financière et judiciaire indépendante sur les opérations d’identification dans les trois provinces concernées, la réalisation d’un audit pour évaluer la conformité du processus avec la législation en vigueur, la suspension de toute décision susceptible de porter préjudice aux victimes tant que les vérifications ne seront pas achevées, ainsi que des poursuites judiciaires contre toute personne dont la responsabilité serait établie. Elle plaide également pour une implication effective des organisations représentatives des victimes à toutes les étapes du processus de réparation. Le CVC-DH rappelle enfin que la lutte contre l’impunité, la protection des victimes et la bonne gouvernance constituent des fondements essentiels de l’État de droit. Il réaffirme sa disponibilité à collaborer avec les institutions nationales, les partenaires internationaux et les organisations de la société civile afin que chaque victime soit reconnue, écoutée et traitée avec dignité. Le communiqué conclut en réaffirmant le principe défendu par l’organisation : « Rien sans les victimes ; tout pour les victimes ; les victimes au centre de toutes les décisions qui les concernent. »
Jacqueline kangela




