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Ingérences étrangères : le président burundais appelle l’Afrique à reprendre le contrôle de son destin

Le président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a accusé certaines puissances influentes mondiales d’alimenter délibérément les conflits en Afrique dans le but de s’approprier les ressources naturelles du continent.

Il s’exprimait ce vendredi 12 décembre 2025 à Bujumbura, lors du lancement officiel du Forum des jeunes africains sur la paix et la sécurité.

Dans son discours d’ouverture, le chef de l’État burundais a dénoncé ce qu’il considère comme une stratégie de déstabilisation persistante de plusieurs pays africains riches en ressources. Selon lui, ces conflits ne sont pas le fruit du hasard, mais résultent d’intérêts géopolitiques et économiques extérieurs.

« Il existe des puissances influentes qui attisent les conflits dans nos pays afin de piller nos ressources naturelles », a-t-il déclaré devant des centaines de jeunes venus de différents pays africains.

La RDC citée comme exemple

Évariste Ndayishimiye a particulièrement évoqué la situation sécuritaire en République démocratique du Congo (RDC), un pays voisin du Burundi, qu’il estime victime d’agressions répétées et de conflits prolongés.

« La RDC est attaquée et confrontée à des conflits sans fin, tandis que la communauté internationale reste silencieuse, comme si nos voix n’étaient pas entendues », a-t-il déploré.

Ces propos interviennent dans un contexte régional marqué par l’instabilité persistante dans l’est de la RDC, une zone riche en minerais stratégiques et théâtre de violences armées depuis plusieurs décennies.

Des réactions partagées à travers l’Afrique

Les déclarations du président burundais ont suscité diverses réactions parmi les Africains, notamment au sein de la jeunesse et de la société civile.

Pour plusieurs jeunes participants au forum, ces propos reflètent une réalité longtemps dénoncée mais rarement exprimée aussi ouvertement par des dirigeants africains. Certains estiment que l’Afrique paie encore le prix de sa richesse naturelle, convoitée par des acteurs étrangers qui profitent des divisions internes.

Des analystes africains en relations internationales soulignent, pour leur part, que les conflits sur le continent ne peuvent être expliqués uniquement par des facteurs externes. Ils appellent également les dirigeants africains à assumer leurs responsabilités en matière de gouvernance, de cohésion nationale et de coopération régionale.

« L’ingérence étrangère existe, mais elle prospère souvent là où les institutions sont fragiles », estime un observateur basé en Afrique de l’Ouest.

D’autres voix africaines appellent à transformer ces discours en actions concrètes, notamment par un renforcement de l’intégration régionale, une meilleure exploitation locale des ressources naturelles et une implication plus forte de la jeunesse dans les processus de paix.

Un appel à la conscience africaine

En lançant le Forum des jeunes africains sur la paix et la sécurité, le président burundais a invité la jeunesse du continent à jouer un rôle actif dans la construction d’une Afrique stable, souveraine et maîtresse de ses richesses.

Le forum se poursuit à Bujumbura avec des échanges axés sur la prévention des conflits, le leadership des jeunes et la promotion de solutions africaines aux défis sécuritaires du continent.

Arielle BWINJA

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