RDC : l’appel des FARDC à la reddition des FDLR ravive les tensions et inquiète les populations de l’Est

L’appel lancé par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) exigeant la reddition immédiate des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) continue de provoquer une onde de choc dans l’Est du pays.
Publiée le 10 octobre 2025, cette déclaration a été très mal accueillie au sein des FDLR, mais aussi dans certaines factions wazalendo qui combattent aux côtés de l’armée congolaise contre la rébellion de l’AFC/M23. Dans leur dernier rapport rendu public le 8 décembre, les experts des Nations unies révèlent que cette annonce a brusquement tendu les relations entre l’armée congolaise, les FDLR et plusieurs groupes d’autodéfense locaux. Certaines autorités civiles et militaires ont même dû intervenir en urgence pour rassurer les FDLR, soulignant la fragilité des alliances établies sur les lignes de front.Selon les experts onusiens, la menace d’un désarmement forcé a été perçue par les FDLR comme un revirement inattendu, alors que ces combattants restent impliqués dans des opérations conjointes avec les FARDC. Des officiers congolais auraient ensuite tenté d’apaiser les inquiétudes, reconnaissant que la neutralisation totale des FDLR dépasse pour l’instant les capacités opérationnelles de l’armée.
Cette stratégie s’inscrit dans la mise en œuvre des Accords de Washington conclus entre Kinshasa et Kigali sous la médiation américaine. Ces accords obligent la RDC à neutraliser les groupes armés étrangers dont les FDLR, que le Rwanda considère comme une menace directe. En parallèle, Kigali est censé retirer les troupes qu’il déploie en soutien à la rébellion de l’AFC/M23.
Pour matérialiser cet engagement, le porte-parole des FARDC, le général-major Sylvain Ekenge, a réitéré l’appel à la reddition de toutes les factions des FDLR, avertissant que la moindre résistance conduirait à une opération militaire d’envergure.
Le communiqué rappelle également aux soldats congolais qu’ils risquent de lourdes sanctions en cas de collaboration avec les FDLR, directe ou indirecte.Mais tandis que les grandes décisions se prennent dans les capitales et les salons diplomatiques, les populations de l’Est vivent dans l’incertitude. Ces communautés, déjà durement frappées par les déplacements, les violences et l’effondrement de la sécurité, observent avec inquiétude un jeu d’alliances qui semble se décider loin de leurs préoccupations vitales.
Dans ce climat de tensions renouvelées, une question demeure : qui protégera réellement les civils, constamment pris entre stratégies militaires, accords politiques et promesses de paix souvent non tenues ?
Jacqueline kangela




