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Crise sécuritaire à Ziralo : progression de l’AFC-M23 et drame humanitaire en cours dans le territoire de Kalehe

La situation sécuritaire dans le groupement de Ziralo, en chefferie de Buhavu, territoire de Kalehe (Sud-Kivu), s’est fortement dégradée ce lundi 6 avril 2026, à la suite de violents affrontements ayant éclaté dès les premières heures de la matinée.

Selon des sources locales concordantes, d’intenses combats ont opposé, à partir de 5 heures, les rebelles de l’AFC-M23 aux groupes d’autodéfense Wazalendo. Ces derniers incluent notamment les combattants du groupe COPACO affilié à Kirikicho Mirimba Mwanamayi, général autoproclamé actuellement détenu par l’auditorat militaire de garnison, ainsi que ceux du mouvement MCDPIN dirigé par Grevisse Nsimparinga et les éléments Maï-Maï de Haguma Kanyengwenye.Les affrontements se sont concentrés sur plusieurs axes stratégiques, notamment Braza, Lulamba et Bushege, dans les villages de Kusisa et Nyalugusha, ainsi que sur l’axe Kaziba–Katale–Kafufula–Katanga, touchant les localités de Bundje et Bushugulu. À environ sept kilomètres de Tushunguti, chef-lieu du groupement de Ziralo, les combats ont rapidement évolué en faveur des rebelles.Aux alentours de 16 heures, plusieurs entités, dont Kaziba, Katale, Kafufula, Katanga, Mpanama, Braza, Bushege et Lulamba, étaient déjà passées sous le contrôle de l’AFC-M23. Des témoignages font également état de l’incendie systématique de positions occupées jusque-là par les Wazalendo, accentuant la psychose au sein des populations civiles.

Face à l’avancée des combats, un mouvement massif de population a été observé. Des milliers de civils, parmi lesquels des femmes, des enfants et des personnes en situation de handicap, ont fui leurs habitations dans la panique. Certains se dirigent vers Mianda, dans le village de Bulembwe, tandis que d’autres tentent de rejoindre des zones supposées plus sécurisées, notamment Tushunguti, désormais menacée. « Nous avons tout abandonné derrière nous. Les tirs étaient trop proches. Les enfants pleuraient, nous ne savions plus où aller », témoigne une habitante rencontrée sur la route de l’exode. Un autre déplacé ajoute : « Nos maisons brûlent, nos champs sont abandonnés. Nous ne savons pas de quoi demain sera fait. » La progression des rebelles vers Tushunguti, centre administratif du groupement, fait craindre une aggravation de la crise humanitaire dans cette partie du territoire de Kalehe. Les populations locales, déjà fragilisées par des années d’insécurité, se retrouvent une nouvelle fois livrées à elles-mêmes, appelant à une intervention urgente des autorités et des acteurs humanitaires. Dans cette région meurtrie, la voix des civils, souvent réduite au silence par les armes, continue de porter un message d’alerte : celui d’un peuple pris au piège d’un conflit qui ne cesse de s’étendre.

Anaël AMP

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