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RDC : infrastructures ferroviaires en péril, populations en souffrance (Professeur Gaspard MUGARUKA)

« Sans chemin de fer, le Congo ne vaut pas un penny », affirmait Henry Morton Stanley. Plus d’un siècle plus tard, cette formule conserve une résonance particulière en République démocratique du Congo, où la dégradation avancée du réseau ferroviaire met à mal les ambitions de développement affichées par les autorités.

Dans ce pays aux dimensions continentales, le rail demeure un levier stratégique d’intégration nationale, de désenclavement des provinces et de dynamisation économique. Autrefois pilier du transport des minerais, des produits agricoles et des passagers, il souffre aujourd’hui d’un sous-investissement chronique, d’un matériel roulant obsolète et d’une gestion vivement critiquée. Le tronçon Kongolo-Kindu illustre de manière éloquente cette situation. Essentielle pour relier des zones enclavées et soutenir les activités économiques locales, cette ligne se trouve dans un état de délabrement avancé, exposant les usagers à des interruptions fréquentes et à des risques sécuritaires. Pour les populations riveraines, le train, censé être un facteur de cohésion et de prospérité, est devenu le symbole d’un abandon persistant.La situation de la Société nationale des chemins de fer du Congo soulève des interrogations sur la place réellement accordée aux infrastructures stratégiques dans les priorités nationales. Agriculteurs, commerçants et familles isolées subissent les conséquences directes d’un réseau défaillant, qui freine les échanges, alourdit les coûts logistiques et accentue les inégalités territoriales. Pour le Professeur Gaspard MUGARUKA BIN MUBI, cette crise du rail traduit avant tout un déficit de vision à long terme. « Sans politique volontariste et sans investissements structurants, la RDC compromet son intégration économique et sociale », affirme-t-il. Selon lui, la réhabilitation du tronçon Kongolo-Kindu ainsi que la modernisation globale du réseau ferroviaire ne relèvent pas du luxe, mais d’une exigence nationale visant à restaurer la justice territoriale et à redonner espoir aux populations enclavées.

À l’heure de l’intégration régionale et de la compétitivité économique, la relance du secteur ferroviaire apparaît comme un impératif stratégique. Redonner vie aux rails, conclut-il, revient à consolider l’unité nationale et à transformer le potentiel du pays en opportunités réelles de développement inclusif.

Jacqueline Kangela

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