RDC : les FARDC se désolidarisent des propos discriminatoires de leur porte-parole et appellent à l’unité nationale

L’État-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a officiellement pris ses distances avec les propos jugés discriminatoires envers la communauté tutsi, tenus le week-end dernier par le porte-parole de l’armée, le général-major Sylvain Epenge.
Dans un communiqué consulté ce lundi 29 décembre par le média TOPAFRICA.INFO , le Chef d’État-major général des FARDC a tenu à préciser que ces déclarations « ne reflètent en rien la position officielle de la République, ni celle du Commandant suprême des FARDC, encore moins celle du Gouvernement congolais ». Il a, par la même occasion, condamné fermement tout discours susceptible d’alimenter la haine, la stigmatisation ou les divisions communautaires. Cette mise au point intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par la persistance de l’insécurité et des violences armées dans l’Est de la RDC, où les populations civiles paient un lourd tribut aux conflits, aux déplacements forcés et aux exactions de groupes armés.
Dans ce climat déjà fragilisé, les autorités militaires estiment que tout propos discriminatoire constitue une menace supplémentaire à la cohésion nationale et à la paix sociale. Le Chef d’État-major général a réaffirmé la détermination des FARDC à défendre et à protéger, avec discipline, professionnalisme et sans aucune discrimination, la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays ainsi que la sécurité de tous les Congolais, « jusqu’au sacrifice suprême ». Le communiqué appelle également l’ensemble de la population congolaise à l’unité, à la cohésion nationale et au rejet catégorique de tout discours de haine, soulignant que seule une solidarité nationale forte permettra de soutenir efficacement les FARDC dans l’accomplissement de leur mission régalienne, notamment à l’Est du pays.Face à l’ampleur des réactions suscitées par ses propos controversés, largement relayés et commentés à travers le pays, le général-major Sylvain Epenge a été suspendu de ses fonctions, en attendant les suites disciplinaires appropriées.
À travers cette décision et ce rappel à l’ordre, l’État-major des FARDC entend envoyer un message clair dans un pays meurtri par des décennies de conflits, la défense de la patrie ne peut se faire au détriment de l’unité nationale ni de la dignité de ses citoyens.
Anaël AMP




