Kalehe sous tension : affrontements meurtriers entre AFC-M23 et Wazalendo, la population en détresse

La journée de ce jeudi 2 avril 2026 a été marquée par d’intenses affrontements dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, opposant les rebelles de l’AFC-M23 aux groupes d’autodéfense dits Wazalendo, selon nos sources locales.
Les combats se sont concentrés notamment à Chambombo, dans le village de Nyalugusha, groupement de Ziralo, ainsi qu’à Lumbishi, dans le village de Lowa-Numbi, groupement de Buzi, en chefferie de Buhavu. D’après les informations recueillies sur place, les rebelles de l’AFC-M23 ont mené des attaques coordonnées sur plusieurs axes, notamment Chambombo et Lumbishi, dans l’objectif de percer les lignes en direction du groupement stratégique de Ziralo, l’un des bastions encore sous contrôle des forces régulières dans ce territoire qui compte quinze groupements. Face à ces offensives, les Wazalendo, notamment les éléments du MCDPIN affiliés à Grevisse Nsimparinga et ceux du groupe COPACO de Kirikicho Mirimba Mwanamay, actuellement détenu à Walikale, ont opposé une résistance farouche. Nos sources indiquent que ces combattants ont repris le contrôle de plusieurs localités, dont le centre de Chambombo, Bikari, le dépôt ainsi que les villages de Nyalugusha et Kusisa, consolidant leur présence dans le groupement de Ziralo et progressant vers les axes Shanje et Bishaka.En revanche, la situation reste particulièrement tendue sur les hauteurs dominant Lumbishi. Sur les collines de Kaziba, Mwimanyi, Runegenege et Mugugwa, les combats se poursuivent avec intensité entre les Wazalendo du MCDPIN dirigés par Haguma Kanyengwenye et les rebelles de l’AFC-M23. Malgré ces affrontements, le centre de Lumbishi demeure sous contrôle des rebelles, toujours solidement positionnés dans la zone. Cette escalade de violence a plongé les populations civiles dans une détresse extrême. Des mouvements massifs de déplacement ont été signalés, notamment des habitants de Shanje fuyant vers les collines de Byonde surplombant Numbi. Dans plusieurs localités comme Lumbishi et Chambombo, des familles entières se sont retranchées dans leurs habitations, tandis que dans d’autres villages tels que Kafufula, Katale, Bundje, Bunyangungu, Kusisa, Tushunguti et Kirambo, la peur et la psychose se sont généralisées. Pris au piège entre les lignes de front, les civils vivent dans une insécurité permanente, sans accès garanti à l’aide humanitaire ni protection suffisante. Cette nouvelle flambée de violences illustre, une fois de plus, la vulnérabilité des populations de Kalehe, devenues les premières victimes d’un conflit armé qui continue de ravager l’est de la République démocratique du Congo. Selon nos sources sur place, la situation demeure évolutive et imprévisible, faisant craindre une aggravation de la crise humanitaire dans les heures et jours à venir.
Anaïs ANSIMA




