Un an après la chute de Goma, Marius MUBALAMA proche du Dr. Denis Mukwege dénonce des « solutions de façade » et appelle à une riposte internationale ferme

Un an après la prise de Goma par la coalition M23 appuyée par le Rwanda, les proches du Prix Nobel de la paix Denis Mukwege tirent la sonnette d’alarme.
Ils estiment que les récentes initiatives diplomatiques menées à Doha et à Washington ne font qu’entretenir l’illusion d’une sortie de crise, sans s’attaquer aux causes profondes de l’insécurité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo. S’exprimant ce lundi 26 janvier sur les ondes de Radio Okapi, Marius Mubalama, communicateur du Dr Denis Mukwege, a vivement critiqué l’approche actuelle de la communauté internationale. Selon lui, les mécanismes de négociation classiques ont montré leurs limites et détournent l’attention des responsabilités clairement établies dans l’agression de la RDC. Il plaide pour une rupture nette avec ces pratiques et appelle à une action plus rigoureuse, tant au niveau national qu’international.
Au cœur de cette position figure l’application stricte et sans concession de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en 2025. Pour le camp Mukwege, ce texte constitue un levier juridique essentiel pour imposer des sanctions crédibles aux agresseurs, exiger le retrait immédiat de toutes les forces étrangères du territoire congolais et mettre fin à l’impunité qui alimente le cycle de la violence. « Les ententes internationales récentes à Doha ou Washington ne peuvent pas être la solution. La vraie solution réside dans le respect des textes internationaux déjà votés », a martelé Marius Mubalama.
Les proches du Prix Nobel de la paix appellent également à l’organisation d’une conférence internationale sur la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs. Une telle rencontre, estiment-ils, devrait permettre de clarifier les responsabilités de chaque acteur régional, de s’attaquer frontalement au pillage systématique des ressources naturelles congolaises et de garantir le respect des frontières héritées de la colonisation, souvent remises en cause par les conflits armés.
Enfin, Marius Mubalama insiste sur l’urgence d’un dialogue national inclusif entre Congolais. Loin des logiques de partage de pouvoir qui ont souvent fragilisé l’État, ce dialogue est présenté comme un espace nécessaire pour reconstruire la cohésion nationale, redonner la parole aux populations meurtries de l’Est et définir une stratégie commune de défense de la souveraineté nationale. Pour l’entourage de Denis Mukwege, seule une combinaison d’actions fondées sur des pressions onusiennes effectives, une diplomatie régionale transparente et une unité nationale sincère pourra mettre fin au calvaire des populations de l’Est de la RDC et restaurer l’intégrité territoriale du pays. Une exigence de justice et de dignité, portée au nom de ceux dont la voix est trop souvent étouffée.
Jeremie Baraka




