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Nord-Kivu : des victimes enterrées dans l’abandon un cri d’alarme lancé à la communauté nationale et internationale

L’Association Nationale des Victimes du Congo (ANVC) tire la sonnette d’alarme et dénonce ce qu’elle qualifie de « grave abandon institutionnel » dans la prise en charge des victimes des récentes attaques meurtrières survenues dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu.

Dans un communiqué de presse urgent rendu public ce 06 juin 2026, l’organisation affirme que les enterrements de plusieurs civils tués lors des violences intervenues entre le 30 mai et le 02 juin 2026 se seraient déroulés dans des conditions jugées contraires à la dignité humaine.Selon l’ANVC, 19 personnes ont perdu la vie dans les quartiers Ngandi et Vemba à Beni au cours de la nuit du 30 au 31 mai 2026. L’organisation rapporte également que 16 autres civils ont été tués dans les villages de Matete, Kitoho et Kingeche entre le 1er et le 2 juin 2026. À travers un travail de suivi présenté comme indépendant, l’association affirme avoir constaté des situations de non-assistance aux familles endeuillées, un manque d’accompagnement humanitaire, psychologique, sanitaire et funéraire, ainsi que des atteintes à la dignité des victimes, y compris parmi les communautés autochtones pygmées.

L’ANVC estime que ces faits soulèvent des préoccupations majeures au regard de la Loi n°22/065 du 26 décembre 2022 relative à la protection et à la réparation des victimes des conflits armés et des violations graves des droits humains en République démocratique du Congo. L’organisation déplore notamment ce qu’elle considère comme une absence d’intervention adéquate des services publics concernés, notamment dans l’accompagnement des familles touchées. Face à cette situation, l’ANVC interpelle les institutions nationales ainsi que les partenaires internationaux œuvrant dans le domaine des droits humains afin que des mesures urgentes soient prises pour mener des enquêtes indépendantes et impartiales ;établir les responsabilités administratives, civiles et pénales ;assurer une prise en charge immédiate des survivants et familles affectées ;garantir le respect de la dignité des personnes décédées ;appliquer effectivement les mécanismes de réparation prévus par la législation congolaise.

À travers une question forte « Qui génère les victimes en République démocratique du Congo ? » l’organisation appelle à une réflexion nationale sur la protection des populations civiles et sur la lutte contre l’impunité. Dans un contexte où l’Est de la RDC continue de faire face à une insécurité persistante, ce nouveau plaidoyer relance le débat sur la responsabilité collective dans la protection des citoyens et sur l’effectivité des mécanismes d’assistance aux victimes. Pour de nombreuses familles touchées, au-delà de la douleur causée par les violences, demeure aujourd’hui une autre attente ,celle d’être reconnues, accompagnées et traitées avec dignité.

ANAËL MP

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