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Sud-Kivu : après les affrontements, le Centre hospitalier de Kusisa se relève au milieu des ruines

Le Centre hospitalier de Kusisa, situé dans le groupement de Ziralo, en zone de santé rurale de Bunyakiri, territoire de Kalehe au Sud-Kivu, fait face à une situation humanitaire alarmante après avoir subi d’importants actes de pillage, de vandalisme et de destruction lors des affrontements ayant opposé les éléments de l’AFC/M23 aux combattants Wazalendo alliés aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), entre le 2 avril et le 25 mai 2026.

Selon un rapport circonstancié signé le 27 mai 2026 par le médecin directeur du Centre hospitalier de Kusisa, des hommes non identifiés auraient profité du contexte sécuritaire dégradé pour s’attaquer aux installations sanitaires, aggravant davantage la vulnérabilité des populations locales déjà éprouvées par le conflit. Face à l’insécurité persistante, les prestataires de santé ainsi que plusieurs agents ont été contraints d’abandonner leurs postes pour sauver leur vie, laissant derrière eux infrastructures et équipements exposés aux actes de pillage. La pharmacie et les bureaux administratifs figurent parmi les services les plus durement touchés. Le rapport fait état de pertes importantes, notamment deux panneaux solaires, deux batteries, un ordinateur portable, une somme de 1 600 000 francs congolais ainsi que 500 dollars américains. Le dépôt de vivres destiné aux patients, constitué avec l’appui de Médecins du Monde-Belgique, n’a pas non plus échappé aux destructions. Plusieurs matériels hospitaliers essentiels ont également disparu dans différents services, parmi lesquels une vingtaine de matelas, des couvertures, des stéthoscopes, des thermomètres et divers équipements médicaux. Malgré l’ampleur des dégâts, les activités médicales reprennent progressivement avec le retour progressif d’une grande partie de la population. Toutefois, cette reprise intervient dans un climat de forte psychose et d’incertitude.

Dans ce contexte, un appel est lancé aux autorités sanitaires ainsi qu’aux partenaires humanitaires pour renforcer les capacités opérationnelles du Centre hospitalier de Kusisa à travers un appui en équipements médicaux, matériels hospitaliers et travaux de réhabilitation. L’enjeu est de permettre aux équipes soignantes de continuer à offrir des soins de qualité à une population déjà fragilisée par la crise. À Kusisa, au-delà des bâtiments endommagés et des biens emportés, c’est le droit fondamental à la santé qui demeure aujourd’hui l’une des premières victimes du conflit.

JC-M

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