Révision du coût de la carte de presse en RDC : Ishara Masirika Richard dénonce une mesure restrictive pour les journalistes

La récente décision de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) portant sur la révision à la hausse du coût de la carte professionnelle du journaliste continue de susciter de vives réactions au sein de la corporation.
Dans une analyse critique, Ishara Masirika Richard, ancien rédacteur en chef du média Canal Futur Bukavu (Sud-Kivu) et actuellement reporter à Kivuavenir.com, estime que cette mesure, bien que présentée comme une étape de professionnalisation du secteur, revêt un caractère restrictif pour de nombreux journalistes exerçant à travers le pays.Selon lui, le passage brutal du coût de la carte professionnelle de 25 dollars américains à 105 dollars, voire plus, sans communication préalable ni période de transition, s’apparente à une sanction indirecte à l’égard des journalistes issus des zones reculées ainsi que de ceux travaillant dans des médias aux moyens financiers limités. « Si de nombreux journalistes éprouvaient déjà des difficultés à se procurer la carte à 25 dollars, comment peuvent-ils raisonnablement accéder à celle fixée à 105 dollars aujourd’hui ? », s’interroge-t-il.
Le journaliste souligne par ailleurs que, dans plusieurs secteurs de la vie nationale, il existe des zones salariales différenciées, tenant compte des réalités économiques et géographiques. Il s’étonne ainsi de l’absence d’une telle approche dans cette décision de l’UNPC. À ce propos, Ishara Masirika Richard propose l’instauration d’un barème différencié, prenant en compte :les journalistes exerçant dans la capitale ;ceux travaillant dans les grandes villes provinciales ;et enfin les professionnels évoluant en milieu rural.
Une telle mesure, selon lui, favoriserait un accès plus équitable à la carte professionnelle et éviterait une marginalisation silencieuse d’une frange importante de la presse congolaise.Un autre point soulevé concerne la durée de validité de la carte. L’intervenant juge incohérent qu’un document dont le coût avoisine celui du passeport congolais ne soit valable que deux ans, alors que d’autres documents officiels de valeur comparable ont une durée de validité pouvant aller jusqu’à cinq ans.
Ishara Masirika Richard appelle la haute hiérarchie de l’UNPC à reconsidérer cette décision, en tenant compte des réalités socio-économiques des journalistes congolais, afin que la carte professionnelle demeure un outil d’inclusion et de structuration, et non un facteur d’exclusion au sein de la profession.
Jacqueline kangela




