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RDC–Rwanda : le dialogue ne suffit plus, la paix doit se vivre sur le terrain

La relation entre la République démocratique du Congo et le Rwanda se trouve à un tournant décisif.

Après plusieurs années de tensions et de violences dans l’Est de la RDC, Kinshasa et Kigali ont choisi la voie diplomatique, notamment à travers l’Accord de Washington signé le 27 juin 2025 sous l’égide des États-Unis. Mais plus d’un an après, une question demeure : le dialogue peut-il suffire à ramener la paix lorsque les engagements pris autour de la table peinent à produire des résultats concrets sur le terrain ? La réponse semble être non. Le dialogue reste indispensable, mais il doit désormais être accompagné d’actes vérifiables. Pour les populations de Goma et de Bukavu, les accords diplomatiques n’auront de véritable valeur que s’ils permettent la fin des combats, le retour des déplacés, la libre circulation, la reprise des activités économiques et scolaires, ainsi que le rétablissement de l’autorité de l’État. La paix durable exige également le respect des engagements pris, le retrait des forces étrangères, la fin du soutien aux groupes armés, la neutralisation des FDLR, le désarmement et la réintégration des combattants, ainsi qu’un mécanisme indépendant de vérification et des sanctions en cas de violation. Mais la paix ne peut pas être négociée uniquement entre gouvernements. Les communautés locales, les femmes, les jeunes, les victimes, les déplacés et la société civile doivent être associés au processus. Les questions foncières, identitaires, économiques et sécuritaires qui alimentent les tensions dans l’Est doivent également être traitées. Au Nord-Kivu comme au Sud-kivu, la population est surtout fatiguée des promesses. Elle ne demande plus seulement des sommets, des réunions ou des signatures. Elle veut vivre sans peur, travailler, accéder à ses champs, envoyer ses enfants à l’école et retrouver ses proches.Le véritable défi est de transformer le dialogue en décisions, les décisions en actes et les actes en paix. Car la paix ne se signe pas seulement avec un stylo ; elle se construit sur le terrain.Tant que les armes continueront de parler, le dialogue restera nécessaire, mais insuffisant. La population congolaise attend désormais une paix négociée dans les capitales, mais surtout vécue  dans tous les territoires meurtris du Nord-Kivu ,du Sud-Kivu et d’Ituri.

Benjamin Basimane

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