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RDC : La CNDH-RDC tire la sonnette d’alarme sur les conflits coutumiers, véritables menaces pour la paix sociale

La Commission Nationale des Droits de l’Homme de la RDC (CNDH-RDC), par la voix du Commissaire national chargé de la Sous-commission permanente des droits civils et politiques, Jean Richard Tshibanda Nduba, a exprimé ce lundi 11 mai 2026 sur TOP AFRICA  ses profondes inquiétudes face à la recrudescence des conflits coutumiers dans plusieurs provinces de la République démocratique du Congo.

Selon lui, ces tensions constituent aujourd’hui l’une des principales causes de l’insécurité et de la déstabilisation des communautés locales. Au cours de son intervention, Me Jean Richard Tshibanda Nduba a exhorté l’État congolais à faire respecter aussi bien les lois de la République que les règles coutumières propres aux différentes communautés du pays. Il estime que plusieurs textes légaux existent déjà en matière de gestion des affaires coutumières, mais que leur non-application favorise les divisions, les tensions et parfois des violences meurtrières. « Il est prudent et recommandé que l’État congolais applique ses propres lois. Le Parlement vote les lois et le chef de l’État les promulgue, mais malheureusement certaines d’entre elles sont constamment violées par des autorités politiques », a déclare Tshibanda Nduba. Pour cet acteur des droits humains, les conflits coutumiers naissent souvent lorsque des individus sont imposés à la tête des chefferies sans respecter les procédures traditionnelles ni la volonté des familles régnantes. Une situation qui, selon lui, crée des frustrations au sein des communautés et fragilise dangereusement la cohésion sociale.

D’après Jean Richard Tshibanda Nduba, un chef coutumier désigné de manière irrégulière risque davantage de défendre les intérêts de ceux qui l’ont soutenu plutôt que ceux de la population locale. Cette pratique alimente les désaccords communautaires et transforme parfois certaines entités en foyers permanents d’insécurité. « Lorsqu’il y a fraude dans le choix d’un chef coutumier, celui qui est imposé ne respecte pas toujours la coutume ni les intérêts de la population. Cela crée des mésententes et favorise l’insécurité », a-t-il expliqué. Le Coordonnateur national de la Sous-commission permanente des droits civils et politiques rappelle également que les coutumes diffèrent d’une communauté à une autre en RDC. Certaines appliquent le système matriarcal tandis que d’autres fonctionnent selon le système patriarcal.

Pour lui, toute désignation d’un chef coutumier doit impérativement tenir compte de ces réalités traditionnelles afin d’éviter des conflits inutiles. Pour illustrer ses propos, Me Jean Richard Tshibanda Nduba a évoqué le cas du groupement Nguma, situé dans la commune rurale de Maluku. Selon les informations recueillies, le chef coutumier de cette entité est décédé en 2023. Après son décès, les représentants des trois familles régnantes se seraient réunis afin de désigner son successeur conformément à la coutume. Toutefois, leur réunion aurait été interrompue après un message attribué au bourgmestre leur demandant de suspendre les travaux afin que le dossier soit désormais traité au niveau de la maison communale. Une situation qui suscite de vives inquiétudes parmi plusieurs défenseurs des droits humains, lesquels dénoncent des interférences politiques dans des affaires relevant avant tout des traditions locales.

Face à la multiplication de ces conflits coutumiers à travers le pays, Me Jean Richard Tshibanda Nduba appelle les autorités compétentes à trouver rapidement des solutions durables afin de prévenir de nouvelles violences. Il recommande notamment le respect strict des procédures coutumières, la neutralité des autorités administratives ainsi que l’implication des notables et des familles régnantes dans les processus de succession. À travers cette prise de position, Tshibanda Nduba réaffirme l’engagement de la Sous-commission permanente des droits civils et politiques en faveur de la paix, de la justice et de la protection des droits des communautés locales en République démocratique du Congo.

Jacqueline Kangela

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