Sans-abris à Kinshasa : la CNDH interpelle les autorités et les familles sur leurs responsabilités

Lorsque les lumières de la capitale s’éteignent et que les familles regagnent leurs maisons, d’autres habitants de Kinshasa commencent une nouvelle nuit d’incertitude.
Sous les ponts, le long des avenues, aux abords des marchés ou devant certains magasins, des hommes, des femmes et des enfants tentent de trouver un endroit pour dormir, souvent exposés au froid, à l’insécurité et à l’indifférence. La présence des sans-abris dans plusieurs communes de Kinshasa devient de plus en plus visible. Cette situation ne traduit pas seulement un manque de logement, mais met aussi en lumière des difficultés sociales plus profondes : pauvreté, chômage, désintégration familiale, violences domestiques, abandon des enfants et absence d’accompagnement social.Parmi les personnes les plus touchées figurent les enfants vivant dans la rue, communément appelés « shegués ».
Livrés à eux-mêmes, beaucoup survivent grâce à de petits travaux, à la récupération d’objets ou à la mendicité. Mais derrière cette réalité se cachent également de nombreux dangers : exploitation, consommation de drogues, maladies, violences et marginalisation.
Face à cette situation, le Commissaire national, Coordonnateur de la Sous-commission permanente des droits civils et politiques de la CNDH, Me Jean Richard Tshibanda Nduba, lance un appel aux autorités compétentes afin qu’elles renforcent les mécanismes de protection sociale et mettent en place des solutions durables pour réduire le phénomène des personnes vivant dans la rue.
Selon lui, les interventions ponctuelles ne suffisent plus. Il estime qu’il est nécessaire de développer des centres d’accueil, des programmes de réinsertion sociale, un meilleur accès à l’éducation ainsi qu’un accompagnement économique des familles les plus vulnérables.

Jean Richard NDUBA interpelle également les parents et les responsables familiaux sur leur rôle dans l’encadrement des enfants. Il rappelle que plusieurs jeunes se retrouvent dans la rue après des conflits familiaux, des accusations, des abandons ou des difficultés économiques qui fragilisent le cadre familial.
Pour cet acteur des droits humains, la protection de l’enfant et de la dignité humaine doit rester une responsabilité partagée entre l’État, les familles, les communautés et les organisations sociales.
Dans une ville qui continue de s’étendre et de grandir, la question des sans-abris demeure un défi humain majeur. Derrière chaque visage aperçu dans la rue se cache une histoire, une difficulté et parfois l’espoir d’une seconde chance. Pour de nombreux observateurs, agir aujourd’hui pourrait éviter qu’une génération entière ne grandisse dans la rue.
Jacqueline Kangela




