Massacres à Biakato et Makumo : l’ANVC dénonce l’inaction militaire et crie à l’abandon des populations civiles

L’Association Nationale des Victimes au Congo (ANVC) a lancé, ce mardi 12 mai, une vive dénonciation contre ce qu’elle qualifie d’inaction persistante de certains responsables des opérations militaires face aux massacres répétés des civils dans les localités de Biakato et Makumo, situées respectivement dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.
Dans une note de dénonciation et de plaidoyer urgent signée par son coordonnateur, Sadiki Shmukobya Espoir, et dont une copie a été réservée à TOP AFRICA, cette organisation de défense des droits humains accuse certains commandements militaires de passivité pendant que les populations continuent de subir les attaques meurtrières attribuées aux rebelles ADF. Selon les informations documentées sur le terrain par l’ANVC, au moins 20 civils ont été tués à Biakato et 10 autres à Makumo lors des récentes incursions armées. Plusieurs personnes seraient également portées disparues ou prises en otage par les assaillants. Ces nouvelles violences ont replongé les habitants dans une psychose totale, aggravant davantage la crise humanitaire et sécuritaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo depuis plusieurs années.
Dans son communiqué, l’ANVC s’interroge ouvertement sur le silence et l’absence de réaction efficace des autorités compétentes face à ces massacres à répétition. L’organisation estime que les populations civiles semblent être abandonnées à leur triste sort malgré les multiples alertes sécuritaires lancées dans les zones affectées. Elle déplore également que certaines autorités militaires basées dans les zones opérationnelles de Beni soient davantage préoccupées par des actes d’intimidation visant des veuves et des orphelins de militaires réclamant leurs salaires impayés et leurs droits sociaux, pendant que des civils continuent d’être massacrés dans l’indifférence générale. Pour cette structure citoyenne, cette situation alimente de plus en plus les inquiétudes de la population sur l’existence de graves dysfonctionnements, voire de possibles complicités et infiltrations au sein de certains appareils sécuritaires déployés dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. L’ANVC estime qu’aucune guerre contre le terrorisme ne peut être gagnée dans un contexte marqué par l’impunité, l’absence de redevabilité et l’inaction opérationnelle.
Face à cette situation jugée alarmante, l’Association Nationale des Victimes au Congo exige l’ouverture immédiate d’enquêtes indépendantes sur l’inaction observée lors des attaques de Biakato et Makumo. Elle demande également la permutation et l’évaluation rigoureuse des officiers affectés dans les zones opérationnelles concernées, le renforcement urgent des mécanismes de protection des populations civiles ainsi que l’implication active des autorités nationales, des partenaires internationaux et des mécanismes des Nations Unies afin d’éviter de nouveaux massacres. L’organisation appelle en outre à la protection des veuves, des orphelins et des familles de militaires victimes d’intimidations ou de traitements inhumains.
L’ANVC conclut en lançant un appel pressant au gouvernement congolais, à l’Organisation des Nations Unies, à l’Union africaine ainsi qu’aux partenaires internationaux pour une action urgente en vue de prévenir l’aggravation de la crise sécuritaire et humanitaire dans l’Est du pays. Pour cette organisation, chaque silence face à ces massacres constitue une menace grave contre la dignité humaine et la protection des populations civiles.
Arielle BWINJA




