Kisangani : Une formation obligatoire pour les motards, une lueur d’espoir pour les usagers souvent oubliés des routes

Dans une ville où les routes rénovées ne signifient pas toujours plus de sécurité pour les usagers, la Direction provinciale de la Commission nationale de prévention routière (CNPR) lance une campagne de recyclage obligatoire des conducteurs d’engins motorisés.
Plus qu’une simple formation, cette initiative est une réponse concrète à un besoin urgent : protéger les vies des plus vulnérables dans la circulation urbaine.
Pour cette première vague, plus de 200 conducteurs de taxi-motos sur un millier déjà recensés ont été mobilisés. Ces derniers sont répartis dans plusieurs centres de formation à travers la ville, avec des séances organisées en deux vacations sur trois jours. La cathédrale Notre-Dame du Très Saint Rosaire accueille l’un de ces groupes, dans une atmosphère studieuse et engagée.
Un recyclage pour sauver des vies
« La plupart des accidents dans Kisangani sont causés par l’ignorance du code de la route, surtout chez les conducteurs de motos qui, souvent, n’ont jamais suivi de formation formelle », explique Jasmin OFUKA LOKOMBA, directeur provincial de la CNPR.
En effet, dans un contexte où les usagers modestes piétons, enfants, personnes âgées et passagers des taxi-motos paient le prix fort de cette négligence, ce recyclage apparaît comme une mesure salutaire.
La réhabilitation en cours de la voirie urbaine pourrait, paradoxalement, augmenter le risque d’accidents si la vitesse et l’insouciance prennent le dessus. C’est pourquoi, selon la CNPR, l’éducation des conducteurs devient une urgence nationale.
Une opportunité pour les taximen de sortir de l’ombre
Souvent stigmatisés, parfois harcelés, les conducteurs de moto-taxis jouent pourtant un rôle crucial dans la mobilité quotidienne de Kisangani. Pour Jean YENGA, l’un des participants, cette session va au-delà de l’apprentissage : « Cette formation nous ouvre les yeux. On nous parle de notre responsabilité, de notre rôle dans la société, pas seulement comme chauffeurs, mais comme citoyens. »
Les thématiques abordées touchent à l’éthique, la déontologie, le code routier et ses récentes innovations. Elles visent à transformer ces conducteurs en acteurs de la sécurité routière, capables de prévenir les tragédies souvent vécues par les familles les plus pauvres, premières victimes des drames de la circulation.
Des conséquences à long terme pour toute la ville
Si la formation est bien suivie, ses effets pourraient être considérables : moins d’accidents, plus de respect sur la route, et une meilleure reconnaissance du métier de motard. En incitant les conducteurs à participer massivement, la CNPR envoie un message fort : la sécurité routière est l’affaire de tous.
Mais le directeur provincial insiste : cette formation est obligatoire. « Nous exhortons tous les détenteurs d’engins motorisés à y prendre part. Le développement de la ville ne peut se faire au prix de vies humaines. »
TOP AFRICA ONE, fidèle à sa mission de porter la voix des laissés-pour-compte, salue cette initiative qui, si elle est menée avec rigueur et suivi, pourrait changer durablement le quotidien des Kisanganiens les plus exposés au danger : les usagers des routes mal informés, mal protégés, et souvent oubliés des politiques publiques.
ANAËL AMP




