Ituri : des leaders communautaires appellent à relancer le dialogue autour de l’accord de paix d’Aru 2

En Ituri, des leaders communautaires appellent le gouvernement provincial et les responsables des groupes armés à renouer le dialogue afin d’évaluer la mise en œuvre de l’accord de paix d’Aru 2.
Dans une déclaration publiée le week-end dernier, ils estiment que le non-respect de plusieurs engagements pris par les parties contribue à la reprise des violences, particulièrement dans le territoire de Djugu. Ces acteurs communautaires plaident pour la tenue d’une rencontre réunissant les différentes parties prenantes au processus de paix. Selon eux, ce dialogue devrait permettre d’identifier les difficultés liées à l’application de l’accord, d’établir les responsabilités et surtout de dégager des mesures concrètes susceptibles de relancer le processus de paix et de préserver les populations civiles. Signé en juin 2025 à Aru-centre, l’accord d’Aru 2 prévoit notamment la cessation des attaques contre les civils et les positions des FARDC, l’interdiction pour les groupes armés de circuler avec leurs armes, ainsi que la sensibilisation de leurs combattants au respect des engagements pris. Le texte prévoit également l’accélération du processus de désarmement. Mais plus d’une année après sa signature, plusieurs de ces engagements peinent à être effectivement appliqués, déplorent les leaders communautaires. Ils considèrent que cette situation constitue l’un des facteurs ayant favorisé la reprise des violences dans le territoire de Djugu, après une période d’accalmie d’environ un an et demi. Au-delà du respect des engagements existants, ces acteurs plaident également pour un processus de paix plus inclusif. Ils demandent notamment que la milice CRP, dirigée par Thomas Lubanga, soit prise en compte dans les efforts visant à mettre fin aux violences et à favoriser le désarmement des groupes armés actifs dans la région. Pour ces leaders communautaires, la recherche d’une paix durable en Ituri nécessite une approche fondée sur le dialogue, l’inclusion et le respect des engagements pris. Ils encouragent ainsi les autorités et les différents acteurs armés à privilégier les mécanismes pacifiques de règlement des différends afin d’éviter une nouvelle détérioration de la situation sécuritaire et de mieux protéger les populations civiles. La relance du dialogue autour de l’accord d’Aru 2 apparaît ainsi, selon eux, comme une étape importante pour restaurer la confiance entre les parties, consolider les acquis de l’accalmie et créer les conditions favorables à une paix durable en Ituri.
Christian Bahati




