Crise dans l’Est de la RDC : lourdes sanctions américaines contre les RDF.

Les États-Unis ont annoncé, ce lundi 2 mars, une série de sanctions visant les Forces de défense rwandaises (RDF) ainsi que quatre de leurs officiers supérieurs.
La décision a été rendue publique par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), l’agence du département du Trésor chargée du contrôle des avoirs étrangers. Selon Washington, ces mesures font suite au soutien opérationnel direct que Kigali apporte au mouvement rebelle M23 et à ses alliés dans l’est de la République démocratique du Congo, une région en proie à une instabilité persistante.Les officiers concernés sont le général Vincent Nyakarundi, chef d’état-major de l’armée de terre des RDF ; le général de division Ruki Karusisi, commandant de la 5e division d’infanterie ; le général Mubarakh Muganga, chef d’état-major des armées ; ainsi que le général Stanislas Gashugi, commandant des forces d’opérations spéciales. L’inscription des RDF sur la liste américaine des sanctions entraîne le gel de leurs avoirs aux États-Unis et interdit toute transaction avec des personnes ou entreprises américaines. Une dérogation temporaire est toutefois prévue pour les contrats et opérations en cours, jusqu’au 1è avril 2026. Ces sanctions, évoquées depuis plusieurs semaines, interviennent dans un contexte diplomatique sensible. Thomas Pigott, porte-parole du Département d’État américain, a indiqué que cette décision s’inscrit dans la volonté de faire respecter les engagements pris dans le cadre des accords de Washington. Il a notamment évoqué la prise de contrôle d’Uvira par des combattants de l’AFC/M23, soutenus selon lui par le Rwanda, qualifiant cet épisode de violation manifeste des engagements conclus.
Washington rappelle que le M23 est déjà sous sanctions américaines et onusiennes, accusé de graves violations des droits humains, notamment des violences contre des civils. Les autorités américaines estiment que le soutien de l’armée rwandaise aurait contribué à la progression du mouvement dans des territoires souverains congolais.De son côté, le président Paul Kagame avait déjà il rejeté il ya quelques jours «toute responsabilité de son pays dans le déclenchement du conflit en RDC», affirmant que le Rwanda n’en est ni l’initiateur ni le point de départ. Il avait également déclaré que son pays ne se laisserait pas « étouffer » par d’éventuelles sanctions.À Kinshasa, par ailleurs , les autorités congolaises ont salué la décision américaine. Dans un communiqué publié lundi soir, le gouvernement a exprimé sa « profonde reconnaissance aux États-Unis », estimant que cette mesure constitue un signal fort en faveur du respect de la souveraineté de la RDC et de la stabilisation de la région. Au-delà de leur portée financière, ces sanctions traduisent un signal politique fort de Washington dans la crise à l’est de la République démocratique du Congo. Elles renforcent la pression diplomatique sur Kigali, tout en réaffirmant le soutien américain à la souveraineté congolaise. Reste à savoir si ces mesures contribueront réellement à apaiser les tensions et à favoriser une solution durable au conflit.
Rodrigue KASINDE




