RDC : Conditions carcérales alarmantes, la CNDH tire la sonnette d’alarme et appelle à une action urgente

En République démocratique du Congo, la situation des détenus dans plusieurs prisons et cachots à travers les provinces demeure profondément préoccupante.
Selon divers rapports de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), les conditions de détention sont caractérisées par une surpopulation extrême, une insalubrité persistante ainsi qu’un accès très limité aux soins de santé et à l’alimentation de base. Dans des établissements pénitentiaires de grandes villes comme Kinshasa, Lubumbashi, Goma, Bukavu ou au Kongo Central, plusieurs détenus vivent dans des cellules surchargées, souvent dépourvues de ventilation adéquate et d’installations sanitaires fonctionnelles. Cette promiscuité favorise la propagation de nombreuses maladies, notamment les infections respiratoires, le paludisme, les maladies diarrhéiques, les troubles mentaux, la malnutrition, l’anémie ainsi que les maladies cutanées, aggravant davantage la vulnérabilité des prisonniers. À cela s’ajoutent des cas fréquents de détentions préventives prolongées, où certains détenus passent plusieurs mois, voire plusieurs années, sans jugement. Ce phénomène met en évidence des dysfonctionnements dans la chaîne judiciaire et constitue une atteinte grave aux droits fondamentaux garantis par les lois nationales et les conventions internationales ratifiées par la RDC. C’est dans ce contexte que la CNDH, à travers son Coordonnateur national de la Sous-commission permanente des droits civils et politiques, Jean-Richard Tshibanda Nduba, a publiquement dénoncé, ce vendredi 24 avril 2026, les conditions jugées inhumaines dans les lieux de détention sur l’ensemble du territoire national.

À l’issue d’une tournée d’inspection effectuée dans plusieurs cachots et prisons, il a alerté sur la gravité de la situation et appelé à une mobilisation urgente des autorités compétentes. Lors d’un entretien avec TOPAFRICA.INFO, il a notamment adressé un appel solennel au magistrat suprême, afin de favoriser une collaboration étroite entre le Président Félix Antoine TSHISEKEDI et la CNDH, entre Mme la Première Ministre et la CNDH ainsi que tout son Gouvernement. Selon lui, l’efficacité de cette institution est fortement compromise par un manque criant de moyens financiers. Il déplore notamment le blocage du budget de la CNDH au niveau du ministère des Finances, une situation qui entrave sérieusement l’accomplissement de ses missions essentielles. « Aujourd’hui, la CNDH traverse un véritable calvaire, car elle est bloquée à tous les niveaux », a-t-il déclaré. Tshibanda a également exhorté le gouvernement congolais à soutenir pleinement les institutions de la République afin de permettre au Chef de l’État de concrétiser sa vision d’un État fort et prospère. Il a par ailleurs souligné que ce manque d’accompagnement a déjà coûté à la RDC plusieurs opportunités sur la scène internationale, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies.Insistant sur le rôle stratégique de la CNDH, il a plaidé pour une implication accrue de cette institution dans les processus décisionnels relatifs aux droits civils et politiques. Le coordonnateur de la CNDH a également lancé un appel à la population congolaise afin qu’elle fasse davantage confiance à la CNDH et continue de dénoncer les violations des droits de l’homme. « Notre mission est de veiller au respect des droits humains, d’enquêter sur les violations, de sensibiliser la population et de conseiller les autorités sur l’application des mécanismes de protection des droits de l’homme », a-t-il rappelé. Face à l’urgence de la situation carcérale en RDC, la CNDH, sous l’impulsion de ses commissaires nationaux engagés tels que Jean-Richard Tshibanda Nduba, se positionne comme un acteur clé dans la défense des droits humains. Son plaidoyer met en lumière la nécessité d’un engagement collectif et d’un soutien accru des partenaires nationaux et internationaux pour améliorer durablement les conditions de détention dans le pays.
Jérémie Baraka




