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Sud-Kivu : Dans l’ombre des massacres, le Prof. Gaspard MUGARUKA ravive le cri de résistance du Bushi

Dans un poème brûlant comme la lave des montagnes du Sud-Kivu, le Prof. Gaspard MUGARUKA fait résonner la voix longtemps étouffée des communautés meurtries du Bushi.

Son texte, véritable chant de résistance, redonne souffle à des décennies de souffrance, de spoliation et de luttes que trop de récits officiels ont reléguées dans l’oubli. À travers ce souffle littéraire, c’est tout un peuple qui se lève, digne, pour rappeler au monde que l’histoire du Bushi, pays des hauts plateaux, n’est pas faite de résignation mais de courage, de mémoire et d’insoumission.

Un peuple debout face à l’histoire

Dans son hommage, Mugaruka convoque le courage ancestral des guerriers du Bushi, qui ont résisté aux envahisseurs d’hier comme à ceux d’aujourd’hui. La plume évoque notamment l’affrontement historique avec Kigeri IV Rwabugiri, monarque expansionniste dont les armées furent stoppées dans leur marche par les défenseurs du pays bushi. Ce rappel historique n’est pas anodin , il ancre la résistance actuelle dans une longue tradition de résilience collective. Pour les populations locales, les violences contemporaines ne sont que la continuité d’une lutte ancienne pour la souveraineté et la dignité.

Mémoire des massacres : un devoir de vérité

Le poème du Prof. MUGARUKA réactive aussi la mémoire des tragédies qui ont frappé la région. Les noms évoqués sont autant de cicatrices ouvertes : le génocide de Kasika,l’hécatombe de Burhinyi,les massacres de Kalonge et de Bunyakiri,les larmes de Uvira,les tueries de Makobola, du Bulega ou encore du Buhunde. Ces lieux ne sont pas que des points sur une carte , ce sont des tombeaux collectifs où reposent des innocents abandonnés par la communauté internationale. Pour TOPAFRICA.INFO, donner écho à ces tragédies, c’est honorer le mandat que le média s’est donné : défendre les sans-voix, porter la lumière là où persistent les zones d’ombre, refuser l’effacement des victimes.

Entre poésie et manifeste politique

Mugaruka n’écrit pas seulement pour pleurer les morts. Il écrit pour réveiller les vivants. Son appel à « l’enfant du Bushi » est un appel à la vigilance, à la résistance et à la reconquête d’une souveraineté menacée par les violences récurrentes dans l’Est de la République démocratique du Congo. L’auteur puise dans les symboles ancestraux tambours royaux, potions rituelles, danses guerrières pour rappeler que la force du Bushi réside dans son identité culturelle, son unité et sa mémoire collective. Ce texte s’impose ainsi comme un manifeste contre l’oubli, contre la résignation et contre toutes les formes de domination qui continuent d’humilier les communautés rurales du Sud-Kivu.

Un cri pour les opprimés

En donnant chair à la douleur du Bushi, l’œuvre du Prof. Gaspard MUGARUKA s’inscrit dans la tradition des écrivains qui refusent que les peuples meurtris disparaissent dans le silence. Elle rappelle que, malgré les massacres, malgré les guerres d’agression, un peuple se tient debout, prêt à défendre sa dignité. Pour les lecteurs du Sud-Kivu et d’ailleurs, son texte est une promesse ,celle que la mémoire des opprimés continuera de battre tant que quelqu’un acceptera d’en porter la parole.

Anaël AMP

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