RDC–Rwanda : quand le M23 devient le visage d’une agression étrangère

La persistance de la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo ne peut plus être considérée comme un simple conflit interne.
Pour l’analyste socio-politique et Mukwegiste Marius Mubalama, les faits démontrent de manière de plus en plus évidente qu’il s’agit d’une agression extérieure menée par le Rwanda, opérant sous couvert du mouvement politico-militaire M23/AFC.Face à ce constat, l’analyste met en garde contre toute option de dialogue qui ferait abstraction de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale de la RDC. Une telle démarche risquerait, selon lui, de recycler les erreurs du passé et de fragiliser davantage l’État congolais. Marius Mubalama soutient que la priorité absolue doit être le recouvrement effectif de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale, lesquelles ne peuvent être garanties que par l’application rigoureuse de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, accompagnée de sanctions ciblées et coordonnées contre le Rwanda. Toute initiative contraire, prévient-il, risquerait de légitimer une agression étrangère en cours et d’affaiblir davantage les institutions congolaises.
Dans son analyse, il affirme que le M23/AFC ne saurait être considéré comme un mouvement congolais porteur de revendications nationales. Il le décrit plutôt comme une organisation politico-militaire rwandaise opérant sur le territoire congolais au service d’un agenda étranger clairement identifié. L’argument central avancé repose sur des déclarations officielles émanant des autorités rwandaises elles-mêmes. Le président Paul Kagame a publiquement reconnu exercer un contrôle sur des villes stratégiques de l’Est de la RDC, notamment Goma et Bukavu, affirmant que leur récupération dépendrait avant tout de la capacité du gouvernement congolais à résoudre ses problèmes internes. À ces propos s’ajoute un communiqué officiel de l’ambassadrice du Rwanda confirmant l’existence d’une coopération sécuritaire entre Kigali et les rebelles présents à Goma. Cette collaboration est justifiée par les autorités rwandaises comme une mesure préventive visant à éviter toute résurgence des violences liées au génocide de 1994, une version également reprise par le coordonnateur du M23/AFC.
Pour Marius Mubalama, ces déclarations constituent des preuves irréfutables. Selon lui, le M23/AFC ne porte aucune revendication congolaise et ne défend aucun intérêt national, mais agit comme un instrument d’influence étrangère sur le sol congolais.Dans ce contexte, l’analyste met en garde contre l’option d’un dialogue politique avec le M23/AFC, option soutenue par certaines forces armées et politiques de l’opposition. Une telle démarche risquerait, selon lui, de fragiliser la cohésion nationale et d’ouvrir la voie à une infiltration accrue des institutions publiques ainsi que des forces armées congolaises. Dialoguer avec des acteurs poursuivant un agenda étranger reviendrait à légitimer l’agression et à affaiblir l’État de l’intérieur, insiste-t-il, estimant que la paix durable ne peut se construire sur des concessions faites à des groupes instrumentalisés par des puissances extérieures. Face à ce qu’il qualifie de menace existentielle pour la souveraineté nationale, Marius Mubalama appelle l’ensemble des forces vives de la nation opposition, majorité politique et société civile à assumer pleinement leur responsabilité historique. Il invoque l’article 63, alinéa premier, de la Constitution congolaise, qui enjoint chaque citoyen à résister à toute agression extérieure, et plaide pour un sursaut patriotique collectif.Au nom des Mukwegistes, il formule trois recommandations majeures pour une sortie durable de la crise : l’application effective de la résolution 2773, assortie de sanctions claires contre le Rwanda afin de dissuader toute ingérence étrangère et de restaurer le respect du droit international ; l’organisation d’une conférence internationale sur la paix en RDC, destinée à traiter en profondeur les causes structurelles et régionales du conflit ; enfin, la tenue d’un dialogue national inclusif, exclusivement entre Congolais, pour répondre aux causes endogènes de la crise, renforcer la cohésion nationale et consolider l’État.
À travers cette analyse, Marius Mubalama défend une ligne politique sans ambiguïté. Selon lui, la paix en République démocratique du Congo ne peut être obtenue ni par la complaisance ni par le déni de l’agression. Elle passe par la reconnaissance des responsabilités, la fermeté diplomatique et la mobilisation nationale autour des valeurs de souveraineté, de dignité et d’unité.
Jacqueline Kangela



