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Sud-Kivu : L’alimentation équilibrée, un enjeu vital en période d’insécurité

En dépit de l’escalade des conflits armés qui secouent la province du Sud-Kivu, les professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme.

Pour contrer les effets dévastateurs de la crise humanitaire, consommer une alimentation équilibrée n’est plus seulement un choix de santé, mais une nécessité pour la survie et la paix sociale. Des experts encouragent la population à adopter une alimentation plus réfléchie et responsable. Dans une interview exclusive accordée à HABARI ZAMAHALI ce jeudi 08 janvier, des nutritionnistes de Bukavu ont exhorté la population à ne pas céder à la fatalité. Madame Nabintu Chombé, nutritionniste et enseignante à l’Institut Supérieur Technique Médical (ISTM) de Bukavu, souligne qu’en cette période de double crise sécuritaire et économique, la vigilance alimentaire est primordiale.Selon elle, le respect de la diversité alimentaire permet de prévenir la malnutrition.

Elle classe les besoins nutritionnels en trois piliers essentiels : les aliments énergétiques (maïs et autres féculents), les aliments de construction (protéines) et les aliments de protection (fruits et légumes), indispensables pour renforcer le système immunitaire. Madame Chombé déplore un triste constat : alors que la région dépend fortement des importations en provenance des pays voisins, la production locale est souvent mal exploitée.

« Nous voyons des fruits comme les mangues ou les oranges jetés dans les rues en pleine période de production, alors que nous vivons dans une zone d’insécurité alimentaire. Si nous pouvions transformer et conserver ces aliments localement, nous ne manquerions de rien pendant les périodes difficiles », regrette-t-elle avec émotion.

Dans le territoire de Kabare, le défi est surtout clinique. Le docteur Serge Munyahu, médecin chef de la Zone de santé de Miti-Murhesa, rappelle que la malnutrition infantile demeure une priorité absolue. Il précise que, conformément aux directives du Programme National de Nutrition (PRONANUT), les enfants souffrant de malnutrition aiguë ou modérée bénéficient d’une prise en charge gratuite. Celle-ci comprend un suivi médical rigoureux, une supplémentation nutritionnelle adaptée ainsi que le traitement des complications associées. Cependant, la réalité sur le terrain reste préoccupante. La guerre a gravement perturbé les chaînes d’approvisionnement. « La crise sécuritaire affecte directement nos structures sanitaires. Nous faisons face à des ruptures de stocks d’intrants nutritionnels et à un manque criant de moyens logistiques », explique le Dr Munyahu.

Face à l’augmentation des cas de malnutrition, le médecin chef de zone lance un appel pressant aux partenaires humanitaires. « Il est urgent de renforcer l’appui aux structures locales afin de préserver la vie des enfants de Kabare, premières victimes de ce contexte de grande précarité », insiste-t-il. Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali », un projet du consortium RATECO et REMEL, avec le soutien de Media4Dialogue de La Benévolencia.

Josué Musole

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