Mwenga : la société civile de Kitutu dénonce le maintien de militaires et de Wazalendo dans les sites miniers

Dans le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu, la société civile du village de Kitutu tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur la présence présumée de militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de combattants Wazalendo dans plusieurs sites miniers de la région.
Selon cette structure citoyenne, cette situation persisterait près d’un mois après l’instruction donnée par le président Félix Tshisekedi en faveur du retrait immédiat et définitif des forces armées et des groupes armés présents dans les sites miniers.
La société civile de Kitutu estime que le maintien de ces hommes armés dans les zones d’exploitation minière contribue à l’insécurité et favoriserait, selon elle, l’implication de certains éléments armés dans le commerce des minerais. Elle appelle ainsi les autorités compétentes à veiller à l’application effective de l’instruction présidentielle.
Son président, Félicien Myaka, dénonce ce qu’il qualifie de non-respect des dispositions légales encadrant le secteur minier. Il affirme notamment que les militaires et les Wazalendo ne devraient pas intervenir dans la chaîne d’approvisionnement des minerais.
« L’article 27 du Code minier stipule clairement que les militaires et les Wazalendo sont inéligibles dans la chaîne d’approvisionnement minier. Pourtant, depuis que le chef de l’État a ordonné le retrait de toutes les forces armées et des Wazalendo des sites miniers en territoire de Mwenga, cet appel semble ignoré », déclare Félicien Myaka. D’après lui, plusieurs sites miniers resteraient toujours sous la présence ou la surveillance d’hommes armés. Il affirme également que les personnes qui dénoncent cette situation seraient exposées à des actes d’intimidation, voire à des violences.
Face à ces allégations, la société civile de Kitutu demande aux autorités administratives, sécuritaires et judiciaires de prendre des mesures afin de faire respecter les dispositions légales ainsi que les instructions données par le chef de l’État.
Félicien Myaka interpelle notamment l’administrateur du territoire de Mwenga, le chef de poste territorial de l’Agence nationale de renseignements (ANR), le commandant de régiment ainsi que les responsables des Forces armées présents dans la zone.
« La parole du chef est une loi ; or, le chef a déjà parlé. J’exhorte donc les responsables en territoire de Mwenga à faire exécuter l’ordre du chef de l’État », insiste-t-il.
Ces accusations interviennent dans un contexte où la présence d’acteurs armés dans les zones minières du Sud-Kivu demeure une préoccupation majeure pour les communautés locales et les organisations de la société civile, qui réclament davantage de contrôle et de transparence dans l’exploitation et la commercialisation des minerais.
Jusque-là, toutes les tentatives de TOP AFRICA pour obtenir la réaction du porte-parole des FARDC au Sud-Kivu sur ces accusations sont restées sans réponse.
ARIELLE BWINJA




