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Kinshasa : face aux fuites d’eau, la REGIDESO appelle au civisme et promet d’accélérer les interventions

À Kinshasa, plusieurs habitants dénoncent la persistance des fuites d’eau sur certains axes routiers, qu’ils accusent de contribuer à la dégradation des routes et de compliquer davantage leurs déplacements.

Dans plusieurs communes de la capitale, ils appellent la REGIDESO à intervenir rapidement pour réparer les conduites endommagées, tout en saluant la nécessité de préserver l’accès à l’eau potable. À Ngaliema, notamment dans les quartiers Camp Munganga, Ancien Combattant et dans plusieurs autres coins de la capitale, des fuites d’eau sont visibles le long de certaines voies de circulation. L’eau qui s’écoule pendant plusieurs jours fragilise progressivement la chaussée et favorise, selon les riverains, la formation de nids-de-poule, de ravins et de zones boueuses. Cette situation rend la circulation particulièrement difficile pour les véhicules, les motos et les piétons. Certains habitants expliquent également que ces fuites interviennent parfois dans des quartiers où l’accès à l’eau potable reste difficile, créant ainsi un paradoxe pour les populations. Pour ces dernières, l’eau est recherchée lorsqu’elle manque, mais lorsqu’elle fuit des conduites, elle devient une source de désagréments pour les usagers de la route. « Nous demandons à la REGIDESO de venir réparer ses conduites. L’eau coule pendant plusieurs jours et finit par détériorer la route, au moment où certains habitants vivent le calvaire par manque de cette ressource. Nous avons besoin de l’eau, mais il faut aussi que les installations soient entretenues afin d’éviter que les routes ne soient davantage endommagées », témoigne Papy MASIALA,agent de développement au Camp Munganga. Un autre riverain déplore les conséquences de ces fuites sur les déplacements : « Les véhicules et les motos ont du mal à passer à certains endroits. Les piétons sont également obligés de contourner les endroits où l’eau stagne. Nous demandons une intervention rapide des services compétents. » Face à ces préoccupations, les habitants invitent la REGIDESO et les autorités municipales à renforcer les évaluations sur le terrain, à identifier les conduites défectueuses et à procéder à leur réparation dans les meilleurs délais.

Contacté par TOP-AFRICA ce jeudi 3 septembre 2026, le Directeur en charge de Distribution de Kinshasa-Ouest et Directeur Régional de Kinshasa-Ouest a l’intérim Monsieur René Descartes Toko Diatulu, a appelé les abonnés à faire preuve de civisme en signalant rapidement toute fuite d’eau afin de permettre une intervention des équipes techniques. Il rappelle notamment que le numéro vert 4020 est mis à la disposition des abonnés pour signaler les pannes et les fuites et faciliter une intervention rapide des services de la REGIDESO.

Selon René Descartes Toko Diatulu, la commune de Ngaliema figure parmi les zones de Kinshasa disposant de réseaux d’eau relativement anciens, dont certains ont plus de 50 ans. Ces infrastructures font aujourd’hui face à une pression importante, alors que les besoins en eau de la population ne cessent d’augmenter. Il affirme toutefois que des travaux sont actuellement en cours pour améliorer progressivement la situation. Celui-ci explique que la mise en service de l’usine de production d’eau de l’Ozone, réalisée dans le cadre d’un projet soutenu par la Banque mondiale, a permis d’augmenter les capacités de production, avec une capacité annoncée de 330 000 mètres cubes d’eau par jour. Mais cette augmentation de la production nécessite également un réseau de distribution capable d’acheminer efficacement l’eau vers les différents quartiers et parcelles de Kinshasa. D’après lui, le programme de réhabilitation des réseaux a connu des difficultés dans sa mise en œuvre. Après les problèmes rencontrés avec une première entreprise burkinabè, FGT, la Banque mondiale a confié la poursuite de certains travaux à une entreprise chinoise, CGC, qui travaille actuellement à la restauration et à la modernisation des réseaux. René Descartes Toko précise que les réseaux primaire et secondaire, consacrés notamment au transport et à la distribution de l’eau, ont déjà fait l’objet de travaux de réhabilitation. Les interventions se poursuivent désormais sur les réseaux tertiaires, qui assurent notamment la desserte des parcelles. Le responsable de la REGIDESO reconnaît néanmoins que les fuites restent nombreuses dans certains secteurs et assure que les équipes techniques travaillent à leur réduction. « Pour nous, une fuite est une perte. Lorsque nous voyons l’eau couler à cause d’un problème technique, cela affecte également la circulation et ne donne pas une bonne image de la REGIDESO. Notre souci est donc de trouver rapidement une solution à chaque problème », explique-t-il. Ce dernier souligne également que certaines fuites sont provoquées ou aggravées par les travaux de construction et de réhabilitation des routes. Selon Monsieur René Descartes, l’absence de coordination suffisante entre les différents intervenants peut entraîner des dommages aux conduites d’eau situées sous la chaussée. Il estime qu’avant le lancement de tout grand projet routier, les différents services concernés, notamment la REGIDESO et la SNEL, devraient être associés aux études et aux travaux préparatoires afin d’identifier les réseaux existants et d’intégrer leur déplacement ou leur réhabilitation dans le coût global du projet. « Sous la terre, il y a des infrastructures que l’on ne voit pas. Avant de lancer un projet, toutes les parties devraient se retrouver, aller sur le terrain, identifier les réseaux et intégrer les travaux nécessaires dans le coût global du projet », fait-il valoir. Il affirme par ailleurs que la REGIDESO intervient désormais, dans la mesure de ses moyens, sur certaines réparations urgentes, malgré les difficultés financières et opérationnelles auxquelles l’entreprise fait face.

La Regideso indique également qu’environ 3 999 abonnés seraient actuellement privés d’eau à Kinshasa à la suite de différents travaux routiers ayant affecté les réseaux de distribution. Elle appelle ainsi à une meilleure coordination entre les entreprises chargées des infrastructures routières et les services techniques de la REGIDESO. Au-delà des réparations, le responsable de la REGIDESO insiste sur la responsabilité des abonnés. Cette entreprise étatique encourage ses abonnés à s’acquitter régulièrement de leurs factures afin de permettre à l’entreprise de disposer des ressources nécessaires pour entretenir ses infrastructures et améliorer ses services. Elle rappelle surtout qu’une fuite d’eau ne doit pas être laissée sans signalement. Pour la REGIDESO, chaque fuite représente à la fois une perte d’eau, une perte financière et un risque pour les infrastructures environnantes. L’entreprise invite donc ses abonnés à signaler rapidement toute anomalie au numéro vert 4020, afin de permettre aux équipes compétentes d’intervenir dans les meilleurs délais. Alors que les habitants réclament des routes praticables et un accès régulier à l’eau potable, l’enjeu reste désormais celui d’une meilleure coordination entre les services publics, les entreprises de construction et les populations. Pour les riverains comme pour la REGIDESO, la réparation rapide des fuites apparaît comme une nécessité pour préserver à la fois la ressource en eau, la qualité des infrastructures et les conditions de déplacement dans les quartiers de Kinshasa.

Depuis Kinshasa, Jérémie Baraka TOP-AFRICA.INFO

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