Kinshasa : une marche pour réclamer justice dans l’affaire d’un diamant vert de plus de 75 carats

Une marche pacifique s’est tenue ce mardi 25 août 2026 à Kinshasa à l’initiative de plusieurs organisations de défense des droits humains, notamment pour dénoncer des injustices présumées dont seraient victimes certaines communautés de la province de Lomami et réclamer la protection de leurs droits.
Au cœur de cette mobilisation figure également une affaire controversée autour de la saisie de plusieurs diamants, dont un diamant vert de plus de 75 carats que les organisateurs attribuent à l’exploitant artisanal Albert Ngoyi Bwilu. La marche a débuté à Kitambo Magasin, dans la commune de Ngaliema, avant de se poursuivre vers plusieurs institutions publiques. Les manifestants se sont notamment dirigés vers le bureau national de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC), puis vers le ministère des Mines, avant de poursuivre leur itinéraire jusqu’au Palais de la Nation.
À chaque étape, les organisateurs ont présenté leurs revendications aux autorités et responsables rencontrés. Selon les organisateurs, les institutions saisies ont pris l’engagement de transmettre le dossier aux instances compétentes afin qu’il soit examiné et qu’une suite appropriée lui soit réservée. L’affaire du diamant constitue l’un des principaux points de revendication. Les manifestants affirment qu’un diamant vert de plus de 75 carats, présenté comme appartenant à Albert Ngoyi Bwilu, aurait été saisi dans des circonstances qu’ils demandent à voir clarifiées. Ils avancent une valeur estimative de plus de 100 millions de dollars américains pour cette pierre précieuse. Ces chiffres et les circonstances exactes de la saisie restent toutefois à établir par les autorités et les instances compétentes. Au cours de la mobilisation, le Secrétaire-Rapporteur de l’ERND/LPGLDDL, Sylvain Bashizi Mitima, a livré son témoignage sur la situation que rencontrerait Albert Ngoyi Bwilu. Selon lui, le gouverneur de la province de Lomami aurait refusé de restituer le diamant à son propriétaire, malgré les démarches entreprises. Sylvain Mitima affirme également que la situation aurait pris une nouvelle tournure après l’apparition de menaces de mort visant Albert Ngoyi Bwilu. Craignant pour sa sécurité et celle de ses proches, celui-ci aurait quitté la province de Lomami pour se réfugier à Kinshasa avec sa famille. Le responsable de l’organisation évoque une situation particulièrement difficile pour cette famille depuis son arrivée dans la capitale et appelle les autorités à ouvrir les vérifications nécessaires afin de faire toute la lumière sur les faits dénoncés et de garantir la sécurité des personnes concernées.

Ces accusations et témoignages, portés par les organisateurs de la marche, doivent toutefois être confrontés aux explications des autorités provinciales, des services concernés ainsi qu’aux éléments des éventuelles procédures judiciaires ou administratives. La détermination des responsabilités relève des institutions compétentes et doit intervenir dans le respect des principes de justice et du droit à la défense. Au-delà de l’affaire du diamant, les manifestants ont voulu attirer l’attention des pouvoirs publics sur la situation des communautés locales et des peuples autochtones, ainsi que sur la nécessité d’assurer une meilleure protection de leurs droits. Ils réclament notamment davantage de transparence dans la gestion des ressources naturelles et un traitement équitable des dossiers soumis aux institutions de l’État. Les organisateurs insistent sur le caractère pacifique de leur démarche. Ils disent avoir choisi la voie légale et institutionnelle pour faire entendre leurs revendications, sensibiliser l’opinion publique et solliciter l’intervention des autorités compétentes.

À l’issue de la marche, les participants ont demandé des réponses concrètes concernant les circonstances de la saisie des diamants, la situation d’Albert Ngoyi Bwilu et de sa famille, ainsi que les menaces de mort dénoncées. Ils souhaitent également que les engagements pris par les différentes institutions saisies soient suivis d’actions concrètes. Pour les manifestants, l’enjeu dépasse désormais la seule affaire du diamant. Ils veulent que toute la lumière soit faite sur les faits dénoncés, que les droits des personnes concernées soient protégés et que les responsabilités éventuelles soient établies par les voies légales. Une attente qui place les autorités compétentes face à une exigence essentielle : celle de la justice, de la transparence et de la protection effective des droits des communautés de Lomami.
Jeremie Baraka




