RDC : Washington rompt le silence et accuse Kigali, le Comité de Crise pour la Paix et la Sécurité en RDC salue un tournant historique

Le Comité de Crise pour la Paix et la Sécurité en République démocratique du Congo (RDC), vaste plateforme regroupant 235 organisations de la société civile congolaise, a salué avec force la récente prise de position des États-Unis sur la situation sécuritaire dans l’Est du pays, qu’il qualifie de tournant diplomatique et géopolitique majeur.
Dans un communiqué officiel publié à Kinshasa ce lundi 15 décembre 2025, dont une copie a été réservée à TOP AFRICA.INFO, le Comité indique avoir pris acte avec « attention particulière » des déclarations américaines formulées notamment lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée à la RDC. Washington y a reconnu qu’« il existe aujourd’hui une forme d’agression extérieure contre la RDC », pointant clairement la responsabilité du Rwanda dans la crise régionale ,une reconnaissance longtemps attendue par la société civile congolaise.Pour le Comité de Crise, cette position américaine met fin à de longues années de frustration et de sentiment d’abandon ressentis par une grande partie du peuple congolais, qui estimait que la communauté internationale, et particulièrement les États-Unis, faisait preuve de complaisance face aux agissements du Rwanda dans l’Est de la RDC. « Aujourd’hui, ce sentiment laisse place à un soulagement réel et profond », souligne le communiqué, insistant sur le fait que l’Administration américaine reconnaît désormais explicitement la réalité de « l’agression subie par la RDC ».
Le Comité de Crise considère comme un fait sans précédent la reconnaissance, par les États-Unis, de la responsabilité directe du régime du Président Paul Kagame dans la conception, la planification et l’exécution d’opérations militaires sur le sol congolais. Ces opérations comprendraient, selon Washington, le soutien armé au groupe rebelle M23, ainsi que des violations répétées des engagements pris dans l’accord de paix de Washington du 4 décembre 2025. Ce contexte sécuritaire volatile est marqué par la poursuite des hostilités malgré l’accord de paix, avec notamment la prise récente de la ville stratégique d’Uvira par des combattants liés au M23, aggravant la crise humanitaire qui touche déjà des centaines de milliers de civils.

Contacté par TOP AFRICA.INFO, Me Patient Bashombe, modérateur principal du Comité de Crise pour la Paix et la Sécurité en RDC, a livré sa réaction personnelle et institutionnelle à cette nouvelle dynamique internationale :« Cette prise de position des États-Unis constitue une étape décisive pour la vérité historique et la justice. Pour la première fois, une puissance mondiale reconnaît publiquement l’implication directe d’un État voisin dans une agression qui a coûté des milliers de vies congolaises et provoqué des millions de déplacés.Cependant, cette reconnaissance, si importante soit-elle, ne doit pas rester purement rhétorique. Nous attendons désormais des actions concrètes, mesurables et immédiates de la part de Washington et de la communauté internationale : sanctions ciblées, retrait effectif des forces étrangères et appui robuste aux mécanismes congolais de protection des populations civiles.Le peuple congolais mérite non seulement des mots, mais des actes qui mettent fin à l’impunité et restaurent durablement la paix et la souveraineté de notre nation. La société civile congolaise est prête à accompagner toute initiative qui rapproche réellement la RDC de la paix, de la justice et de la reconstruction. » Cette prise de parole traduit la volonté de la société civile congolaise de ne pas se satisfaire d’une simple déclaration, mais de transformer ce tournant diplomatique en avancées tangibles sur le terrain. Au nom de la société civile congolaise, le Comité de Crise remercie solennellement les États-Unis pour ce qu’il qualifie de « prise de position courageuse », marquant une rupture avec l’ambiguïté passée. Il appelle toutefois le Président Donald J. Trump à traduire rapidement les mesures annoncées contre le Rwanda en actes concrets, afin de mettre fin à l’impunité, prévenir toute récidive et neutraliser les menaces contre la paix régionale. Le Comité rappelle que la paix durable dans la région des Grands Lacs ne peut se bâtir sur le déni de l’agression ni sur le sacrifice du peuple congolais au nom de calculs diplomatiques.Parallèlement, la société civile interpelle le gouvernement de la RDC sur l’urgence de renforcer de manière effective et coordonnée les mécanismes de protection des populations civiles, ainsi que les capacités opérationnelles et logistiques des Forces armées de la RDC (FARDC).
L’objectif affiché est le rétablissement total de l’autorité de l’État et de la sécurité dans les zones affectées par le conflit.Le Comité de Crise pour la Paix et la Sécurité en RDC réaffirme enfin que la société civile congolaise demeurera vigilante, mobilisée et engagée aux côtés du peuple congolais, afin que cette nouvelle dynamique internationale débouche sur des résultats concrets : la fin de l’agression, la justice pour les victimes et le rétablissement intégral de la souveraineté nationale.Le communiqué est signé par Me Patient Bashombe, modérateur principal du Comité de Crise pour la Paix et la Sécurité en RDC.
Jeremie Baraka




