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Tensions Washington-Kinshasa : Emmanuel ADU Cole conteste les accusations de Trump et exige des preuves

Le président des États-Unis, Donald Trump, a une nouvelle fois suscité une vive polémique après des déclarations controversées visant la République démocratique du Congo.


Lors d’un événement organisé à la Maison-Blanche à l’occasion de la fête des Mères, le jeudi 8 mai, le locataire de la Maison-Blanche a affirmé, sans fournir la moindre preuve, que la RDC aurait vidé ses prisons pour envoyer des détenus vers la frontière entre les États-Unis et le Mexique.
Selon plusieurs médias internationaux ayant relayé son intervention, Donald Trump a déclaré que « les prisons du Congo avaient été vidées » et que ces personnes auraient été encouragées à entrer sur le territoire américain parce que « les Américains stupides allaient les accueillir à bras ouverts ». Il a également qualifié ces migrants présumés de « criminels endurcis, violents et dangereux ».
Ces accusations ne sont cependant pas nouvelles. Déjà, pendant la campagne présidentielle américaine, Donald Trump avait évoqué le cas de prisonniers prétendument libérés de la prison centrale de Makala, à Kinshasa, pour être envoyés vers les États-Unis, sans jamais apporter d’éléments de preuve pour étayer ses affirmations.
Cette nouvelle sortie médiatique du président américain continue de provoquer des réactions dans plusieurs milieux diplomatiques, politiques ainsi que parmi les défenseurs des droits humains.
Ces propos interviennent dans un contexte particulièrement sensible entre Washington et Kinshasa. Depuis plusieurs semaines, la RDC coopère avec les États-Unis dans le cadre d’accords liés à l’accueil temporaire de migrants expulsés du territoire américain vers des pays tiers.

Plusieurs médias américains ont récemment confirmé l’existence d’un accord migratoire entre Washington et Kinshasa concernant certains migrants expulsés par les autorités américaines.
Pour plusieurs observateurs, les déclarations du président américain apparaissent contradictoires alors que la RDC traverse déjà une situation sécuritaire et humanitaire préoccupante, notamment dans l’Est du pays. Certains analystes estiment également qu’il serait difficile d’imaginer que le gouvernement congolais mobilise des ressources pour organiser l’envoi de prisonniers vers les États-Unis, alors même que le pays fait face à d’importants défis économiques et sécuritaires internes.
Jusqu’à présent, aucune réaction officielle du gouvernement congolais n’a encore été publiée concernant ces nouvelles accusations formulées par Donald Trump.
Par ailleurs, Emmanuel ADU Cole, activiste des droits de l’homme et président de l’ONG de défense des droits humains Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP), a fermement rejeté ces allégations qu’il juge infondées.
Il rappelle que des accusations similaires avaient déjà été formulées avant la campagne présidentielle américaine, notamment en 2024, concernant de prétendus prisonniers évadés de la prison centrale de Makala et envoyés vers les États-Unis sous l’administration Joe Biden, des affirmations qui avaient déjà été formellement démenties.
Selon lui, ces propos sont sans fondement. « Avant la campagne présidentielle américaine, le président Donald Trump avait accusé la RDC qu’il y aurait des prisonniers évadés de la prison centrale de Makala entre le 1er et le 2 septembre 2024, envoyés aux États-Unis d’Amérique pour être des réfugiés. À l’époque de l’administration Joe Biden, nous avions déjà démenti ces allégations », a-t-il déclaré.
Il ajoute que la répétition de ces accusations est préoccupante . « Aujourd’hui, après son retour à la Maison-Blanche, il continue avec les mêmes allégations. À mon humble avis, ce sont des accusations non fondées et ce n’est pas vrai. »
Fort de plus de 30 ans d’expérience dans le suivi des prisons et des détenus préventifs en RDC, Emmanuel ADU Cole affirme n’avoir jamais observé ni reçu de cas de détenus envoyés vers les États-Unis ou vers d’autres pays.
« Nous dénonçons ces déclarations et demandons au président Donald Trump de fournir des preuves si ces informations sont vraies », a-t-il conclu.

ANAÏS ANSIMA

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