À Uvira, dans la province du Sud-Kivu, les journalistes ne sont plus seulement les témoins de l’actualité. Ils en deviennent les premières victimes. Dans un contexte de tensions sociales et sécuritaires croissantes, la profession de journaliste est devenue un acte de courage, parfois payé au prix fort.
L’Union des Journalistes Sensibilisateurs pour la Paix et le Développement Durable (UJSPD asbl) a tiré ce vendredi une alerte grave face aux attaques répétées et ciblées contre les professionnels des médias entre le 3 et le 8 septembre 2025. Menaces, agressions physiques, arrestations arbitraires, destruction de matériel , les témoignages recueillis par topafricaone.info , révèlent qu’il ya une répression systématique du droit d’informer.
Une série noire : les journalistes traqués, humiliés, brisés
Les faits parlent d’eux-mêmes, et chaque nom cité est un cri :
Cléophas Bumba a été blessé en pleine manifestation, alors qu’il faisait simplement son travail : rendre compte.
M’Monga, de Lumière TV, a vu son équipement réduit en miettes, la lumière qu’il portait éteinte par la brutalité.
Jean Kitanga, de Imago Mundi TV, a perdu tout son matériel, un outil de travail qui était pour lui une arme pacifique contre l’ignorance.
Pamphile et Landy, de Radio Metanoia FM, ont été arrêtés, brutalisés, traités comme des criminels, simplement parce qu’ils informaient la population.
Cécile Kandolo, de la radio Communautaire Uvira FM, a vu son téléphone et ses équipements détruits alors qu’elle couvrait une manifestation : une attaque contre une voix de femme dans un espace déjà miné pour les journalistes.
Et cela ne s’arrête pas là. Le 11 septembre, Gothier Mayani et Sébastien ont été attaqués près du pont Kavimvira, victimes d’un cambriolage ciblé qui ressemble à un avertissement déguisé.
Enfin, Éric Ngabo, malgré sa carte de presse, a été interpellé et détenu, comme si exercer son métier était devenu un crime.
Un cri de détresse porté par l’UJSPD asbl
Face à cette vague de violence, KIBUMBA LUBUNGA DONAT, coordonnateur de l’UJSPD asbl, lance un appel pressant :
« Nous appelons les autorités judiciaires et sécuritaires à mener des enquêtes impartiales et à garantir la sécurité des journalistes dans les zones instables, notamment ici à Uvira, à Baraka/Fizi et à Mwenga. »
Il ne s’agit pas simplement de condamnations verbales. L’UJSPD propose des mesures concrètes pour sauver une profession menacée d’extinction dans certaines régions :
Une protection renforcée des journalistes, notamment en période de conflit.
Un accès garanti aux sources d’information officielles, pour éviter les pièges de l’intoxication.
La mise en place de mécanismes d’alerte rapide pour les journalistes en danger.
Une formation des forces de l’ordre sur le respect des droits des journalistes.
Le silence est une arme : briser l’omerta est une nécessité
Ce qui se passe à Uvira n’est pas un cas isolé. C’est le miroir d’un système où la vérité dérange, où l’information devient un acte de résistance. TOP AFRICA ONE, fidèle à sa mission de porter la voix des opprimés, rappelle que protéger les journalistes, c’est protéger la démocratie.
L’UJSPD asbl appelle la communauté nationale et internationale à ne pas détourner le regard, à soutenir activement les journalistes en danger, à documenter chaque violation, et à exercer une pression constante sur les autorités responsables de garantir la liberté de la presse.
Dans les rues d’Uvira, les micros se taisent, les caméras se brisent, mais la vérité, elle, cherche encore un chemin. Laissons-la passer. Donnons-lui une voix.
ANAÏS ANSIMA






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