RDC : malgré un contexte sécuritaire complexe, la CNDH réaffirme son engagement pour la protection des droits humains

La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a présenté son Rapport annuel d’activités 2025 devant l’Assemblée nationale, mettant en lumière les actions menées pour la défense et la promotion des droits humains dans un contexte national marqué par de fortes tensions sécuritaires et humanitaires.
Présenté au cours de la séance plénière conduite par le Président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, le rapport a été exposé par le Président de la CNDH, Paul Nsapu Mural, qui a dressé le bilan des réalisations de l’institution au cours de l’année écoulée. Dans son intervention, la CNDH a rappelé que ses activités se sont déroulées dans un environnement particulièrement difficile, caractérisé notamment par la persistance de l’insécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo, les déplacements des populations, les défis liés à la cohésion nationale ainsi que les préoccupations croissantes concernant le respect des droits fondamentaux sur plusieurs parties du territoire. Face à cette situation, la Commission affirme avoir maintenu son action sur le terrain à travers plusieurs initiatives, notamment les campagnes de sensibilisation aux droits humains, la formation des acteurs communautaires, le monitoring des violations présumées des droits humains, le traitement des plaintes des citoyens ainsi que les visites régulières dans les lieux de détention.
À travers ce rapport, la CNDH met également en avant son rôle d’institution d’appui à la démocratie, chargée de veiller au respect des libertés fondamentales, d’accompagner les autorités dans l’amélioration de la gouvernance et de renforcer la culture des droits humains au sein de la société congolaise. Le Président de la CNDH a toutefois souligné plusieurs contraintes qui limitent encore l’impact des interventions de l’institution, notamment l’insuffisance des ressources financières et logistiques, la couverture territoriale encore limitée ainsi que la nécessité d’une coopération accrue entre les institutions publiques. Dans cette perspective, plusieurs recommandations ont été formulées à l’endroit du Gouvernement et de l’Assemblée nationale afin de renforcer les capacités opérationnelles de la Commission et lui permettre de remplir efficacement son mandat constitutionnel.

Réagissant à l’issue des échanges, le Commissaire national, Coordonnateur de la Sous-commission permanente des droits civils et politiques de la CNDH, Me Jean Richard Tshibanda Nduba, a exprimé sa reconnaissance envers les députés nationaux pour l’attention accordée au rapport présenté. « Nous remercions les élus du peuple pour la qualité des observations et des recommandations formulées. Ces contributions constituent un apport important qui permettra à la CNDH d’améliorer ses interventions et de renforcer son efficacité dans l’accomplissement de sa mission », a-t-il déclaré.
Il a rassuré que les recommandations issues des débats parlementaires seront prises en compte dans une dynamique d’amélioration continue, en vue d’apporter des changements positifs au bénéfice de l’intérêt général et du développement du pays. La présentation du rapport a suscité des échanges nourris au sein de la représentation nationale, témoignant de l’intérêt porté aux enjeux liés aux droits humains dans le contexte actuel du pays.

À l’issue des débats, le Bureau de l’Assemblée nationale a décidé de renvoyer le document à la Commission mixte Politique, Administrative et Juridique (PAJ) et Droits de l’homme pour un examen approfondi. Ce renvoi ouvre une nouvelle étape dans l’évaluation des recommandations formulées par la CNDH et pourrait contribuer au renforcement du dispositif national de protection des droits humains. À l’heure où la République démocratique du Congo fait face à des défis sécuritaires, humanitaires et institutionnels majeurs, la CNDH se positionne comme un acteur essentiel dans la consolidation de l’État de droit, la protection des citoyens et la promotion d’une gouvernance respectueuse des droits et libertés fondamentaux.
Arielle BWINJA





