RDC : la société civile exige la libération de Josée Rashidi et la révocation d’Eve Bazaiba

Les leaders de la société civile de la République démocratique du Congo (RDC) montent au créneau et interpellent les autorités sur la situation des défenseurs des droits humains.
Réunis ce jeudi 27 août 2026 au Centre d’études pour l’action sociale (CEPAS), à Kinshasa, à l’occasion d’une conférence de presse, plusieurs acteurs de la société civile ont dénoncé ce qu’ils qualifient d’atteintes aux droits et libertés des défenseurs des droits humains dans le pays. Au cœur des échanges, la situation humanitaire et sécuritaire ainsi que la protection des défenseurs des droits humains ont occupé une place importante. Les participants ont notamment dressé un état des lieux de la sécurité des acteurs engagés dans la défense des droits humains, tout en dénonçant des pratiques qu’ils considèrent comme des formes de pression, d’intimidation et d’abus de pouvoir. Le cas de Josée Rashidi, défenseure des droits humains récemment arrêtée, a particulièrement retenu l’attention. Selon les leaders de la société civile, son arrestation serait intervenue après une invitation officielle de la ministre des Affaires sociales et Action humanitaire, Eve Bazaiba, dans son bureau. Les organisations présentes à la conférence dénoncent cette arrestation et estiment que les faits reprochés à Josée Rashidi seraient liés à l’exercice du contrôle citoyen des actions humanitaires, une mission qu’elles considèrent comme relevant pleinement du travail des acteurs de la société civile et des défenseurs des droits humains.
Face à cette situation, les participants ont appelé les autorités congolaises à garantir un environnement favorable à l’exercice des libertés publiques et à la protection des défenseurs des droits humains. Ils ont également fustigé toute utilisation abusive du pouvoir de l’État contre les acteurs qui exercent leur mission de contrôle et de veille citoyenne. À l’issue de cette conférence de presse, trois principales recommandations ont été formulées. Les leaders de la société civile exigent d’abord la libération de Josée Rashidi. Ils demandent ensuite la révocation de la ministre des Affaires sociales et Action humanitaire, Eve Bazaiba, qu’ils tiennent pour responsable de la situation dénoncée. Enfin, ils appellent au respect intégral du mandat et du plan d’action du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ainsi qu’à une intervention humanitaire urgente en faveur des Congolais réfugiés dans les camps au Burundi et en Tanzanie. À travers cette prise de position, la société civile entend rappeler que la défense des droits humains et le contrôle citoyen des interventions humanitaires ne peuvent être assimilés à des actes répréhensibles. Elle demande aux autorités de privilégier le dialogue, la protection des acteurs de la société civile et le respect des droits fondamentaux.Cette conférence de presse traduit ainsi une inquiétude grandissante au sein des organisations de la société civile face au sort réservé aux défenseurs des droits humains en RDC. Pour ces acteurs, la protection des voix qui dénoncent les abus et défendent les populations vulnérables constitue une responsabilité essentielle de l’État et une condition indispensable au renforcement de l’État de droit.
Depuis Kinshasa, Bijoux NTWALI pour TOP-AFRICA




