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RDC : Entre guerre d’agression et souveraineté compromise, quels défis pour l’Est ?

Les tergiversations autour de la tenue du fameux « dialogue national » suscitent plus d’interrogations que de réponses concrètes.

Certains analystes dénoncent des pièges tendus par des acteurs soutenant le Rwanda et ses supplétifs du M23, permettant à ces derniers de continuer à servir de tremplin pour des opérations de pillage illicite des ressources congolaises. Comment le gouvernement congolais pourrait-il être contraint de dialoguer avec un pays agresseur, le Rwanda, et un mouvement rebelle créé en partie par ce même pays, composé à près de 80 % d’anciens militaires de l’APR ? Cette situation met en lumière les influences et intérêts de certains acteurs congolais qui, séduits par le gain facile, couvrent des manœuvres étrangères sous prétexte de revendications locales.Face à ce contexte complexe, la résilience nationale semble être le seul choix viable. La RDC peut-elle se lancer tête baissée dans une diplomatie internationale masquant les véritables causes des crises identitaires régionales, telles que celles des FDLR et des ADF au Rwanda et en Ouganda ? Et surtout, l’Occident est-il prêt à lâcher ces deux États qui, depuis des décennies, contrôlent l’accès aux richesses du sol et du sous-sol congolais ?

Dans un entretien exclusif avec TOP AFRICA.INFO , le Professeur Gaspard MUGARUKA BIN MUBI, spécialiste des relations internationales et historien, analyse la situation avec lucidité . « La question fondamentale reste de savoir si la RDC a vraiment brisé les chaînes qui entravent sa souveraineté depuis 1885 », explique-t-il. « L’Acte général de Berlin a institué un système de domination qui n’a jamais été remis en cause. Même l’indépendance de 1960 n’a pas suffi à restaurer pleinement notre souveraineté.Aujourd’hui, les tractations autour de l’Est du pays ne doivent pas masquer les véritables enjeux : il s’agit de protéger notre peuple et nos richesses contre les ambitions étrangères. »

Le Professeur MUGARUKA insiste également sur le rôle des élites congolaises : « Certains Congolais, malheureusement, sont des instruments involontaires ou intéressés dans ce jeu. Ils se laissent séduire par des gains rapides, mais en réalité, ils compromettent l’intérêt national et exposent notre peuple à de nouvelles formes de dépendance. » Alors que de nouvelles négociations sont annoncées pour tenter de résoudre la crise dans l’Est, le peuple congolais se pose une question cruciale : quel sera le prix à payer pour obtenir une paix réelle et durable, garante de l’émergence d’une nation forte et pleinement souveraine ?Pour le Professeur MUGARUKA, la réponse est claire : « La RDC doit retrouver sa dignité et son autonomie. Toute démarche diplomatique doit être subordonnée à la défense de notre intégrité territoriale et de nos ressources. La voix du peuple congolais doit primer sur les intérêts étrangers et ceux des opportunistes locaux. » Dans un contexte où la guerre d’agression et les ingérences extérieures continuent de fragiliser l’Est du pays, cette vision impose une réflexion urgente sur la souveraineté, la résilience et le rôle de chaque Congolais dans la protection de son pays.

Arielle BWINJA

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