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Maniema sous tension : les négociants dénoncent abus et arrestations et interpellent les autorités

Dans un mémorandum rendu public ce mercredi 06 mai 2026 à Misundu, les négociants du Maniema, réunis au sein de l’Association des négociants du Maniema (AVEMA), antenne de Minjanga, tirent la sonnette d’alarme face à une situation jugée préoccupante sur le site minier de Kaibomba, dans le territoire de Kabongo.

Selon ce document, plusieurs griefs majeurs sont portés contre certains acteurs opérant dans la zone minière, notamment des arrestations qualifiées d’arbitraires visant des membres de l’association. Les négociants dénoncent également la multiplicité des frais exigés par les membres de la coopérative SOCOMINING, une pression financière qu’ils estiment excessive et de nature à entraver leurs activités. Le mémorandum fait en outre état d’intimidations répétées à l’encontre des négociants, particulièrement lorsqu’ils tentent de recouvrer leurs créances. À cela s’ajoute une délocalisation forcée de certains opérateurs économiques, une situation que l’AVEMA qualifie d’inacceptable et contraire à la liberté d’entreprendre.

Face à cette accumulation de difficultés, les négociants formulent plusieurs exigences, notamment la libération sans condition de trois de leurs membres actuellement détenus au cachot de la police minière à Kaibomba. Cette détention ferait suite, selon eux, à des initiatives attribuées à Monsieur Kazadi Mulamba, présenté comme directeur de gestion de la coopérative SOCOMINING. Ils exigent également la restitution immédiate d’une somme d’argent appartenant à l’un de leurs membres, qu’ils affirment avoir été dérobée lors des troubles récents. L’association appelle en outre au respect strict des droits des négociants et à la garantie d’un environnement de travail sécurisé, sans intimidation ni ingérence abusive.

Dans leur déclaration, les négociants interpellent directement les services de l’État intervenant dans le secteur minier, les invitant à s’impliquer activement afin de rétablir l’ordre et de veiller à ce que chaque acteur respecte ses prérogatives. Contacté à ce sujet, l’ingénieur Mirindi Kabalama Bite, président de l’ANEMA Mingana, exprime une vive inquiétude face à la situation et dénonce un climat de travail devenu intenable . « Nous ne pouvons pas continuer à exercer nos activités dans un environnement marqué par la peur, l’injustice et les abus. Nos membres sont arrêtés sans motif valable, intimidés et parfois dépouillés de leurs biens. Cela doit cesser immédiatement », a-t-il déclaré. Il appelle à une réaction urgente des autorités compétentes afin de rétablir l’ordre et de garantir le respect de la loi . « Nous demandons l’implication immédiate de l’État pour protéger les négociants et faire respecter leurs droits. À défaut, nous nous réservons le droit d’engager des poursuites judiciaires contre toute personne impliquée », a-t-il ajouté, tout en insistant sur la nécessité de restaurer un climat de confiance dans le secteur minier local.

En guise de mesures de pression, les négociants de Mingana annoncent la suspension des activités d’achat d’or jusqu’à nouvel ordre. Ils refusent également de s’acquitter de la taxe conventionnelle et de la redevance de la coopérative tant que leurs droits ne seront pas rétablis. L’association prévient qu’elle n’hésitera pas à poursuivre en justice toute personne physique ou morale qui porterait atteinte à ses intérêts ou violerait les décisions prises en assemblée. Cette situation, si elle perdure, pourrait avoir des répercussions significatives sur l’économie locale, fortement dépendante des activités minières artisanales. Les négociants appellent ainsi les autorités à une intervention rapide afin d’éviter une escalade des tensions et de restaurer un climat de travail apaisé dans la zone.

ANAËL MP

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