Kinshasa : la vente de cartes SIM non enregistrées pointée du doigt dans la montée de l’insécurité

À Kinshasa, plusieurs habitants tirent la sonnette d’alarme face à la recrudescence de la criminalité qu’ils associent à la circulation de cartes SIM non enregistrées, mises en vente par certaines maisons de télécommunications.
Selon de nombreux témoignages recueillis sur place, ces numéros anonymes seraient régulièrement utilisés dans des cas d’escroquerie, de menaces, de harcèlement téléphonique ainsi que dans d’autres actes criminels qui troublent la quiétude de la population. Pour plusieurs Kinois et Kinoises, cette situation alimente un climat permanent de peur et d’insécurité dans les ménages. Certains estiment que l’absence d’identification claire des utilisateurs facilite les abus et complique les enquêtes menées par les services de sécurité. « Nous vivons dans la peur, car n’importe qui peut appeler pour menacer une famille ou organiser une arnaque sans être identifié. Cela détruit la tranquillité des ménages. Beaucoup de personnes perdent leur argent à cause des faux appels et des messages frauduleux. Ces cartes SIM non enregistrées causent aussi la méfiance entre citoyens et compliquent le travail de la police », ont confié plusieurs habitants.
Face à cette réalité, la population appelle les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes pour encadrer strictement la commercialisation des cartes SIM. Elle demande également aux opérateurs de télécommunications de renforcer le contrôle des ventes, d’exiger systématiquement l’identification des abonnés et de retirer du marché toutes les cartes irrégulières.
Réagissant à ces préoccupations, un responsable d’une maison de télécommunications a exhorté les consommateurs à la vigilance. « Nous conseillons à tous nos clients d’acheter leurs cartes SIM uniquement dans les points de vente agréés, d’exiger un enregistrement complet avec une pièce d’identité valide et de signaler immédiatement tout numéro suspect ou tout cas de fraude aux services compétents. La sécurité est une responsabilité partagée », a-t-il déclaré. Ce responsable a par ailleurs assuré que des efforts supplémentaires seront engagés pour mieux contrôler la distribution des cartes SIM et renforcer la collaboration avec les autorités afin de lutter efficacement contre les abus. Dans une ville confrontée à plusieurs défis sécuritaires, nombreux sont ceux qui estiment que la régulation stricte du secteur des télécommunications devient aujourd’hui une nécessité pour protéger les citoyens et restaurer la confiance.
Anaël AMP




