À Kinshasa -Kintambo: les femmes montent au front contre l’obscurité et l’insécurité

Lassées de vivre dans l’obscurité et l’insécurité, les femmes de la commune de Kintambo haussent le ton.
Réunies au sein de la Fondation Panier de la Femme, elles ont déposé, jeudi 22 janvier, un mémorandum à la maison communale afin d’exiger une amélioration urgente de la desserte en électricité, dont l’irrégularité compromet gravement la sécurité et les conditions de vie dans ce quartier de la capitale congolaise.
Le document a été officiellement remis à Daniel Kabambu, secrétaire communal et représentant du bourgmestre Gyrlain Bonzenga. À travers cette démarche citoyenne, ces femmes appellent les autorités municipales à jouer pleinement leur rôle d’intermédiaires auprès de la Société nationale d’électricité (SNEL), afin que leur cri de détresse parvienne jusqu’à la direction générale de cette entreprise publique. Pour les membres de la Fondation Panier de la Femme, les coupures répétées de courant ne constituent pas un simple désagrément domestique. Elles aggravent l’insécurité urbaine et fragilisent la cohésion sociale. À la tombée de la nuit, les rues plongées dans le noir deviennent des zones à haut risque, exposant particulièrement les femmes et les enfants aux agressions et à la criminalité.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de renforcement du leadership féminin et de participation citoyenne. Love Engele, présidente de la Fondation Panier de la Femme, explique que ce plaidoyer est le fruit d’une prise de conscience collective : « Le programme She Leads m’a permis d’identifier les problèmes structurels qui rongent notre communauté. Nous sommes venues voir le bourgmestre parce qu’il est le premier citoyen de la commune et notre porte-parole naturel auprès des établissements publics, notamment la SNEL ou la REGIDESO. » Le secrétariat communal a, pour sa part, rassuré les manifestantes quant à la transmission de leurs revendications aux instances compétentes. La situation de Kintambo n’est cependant pas un cas isolé. Plusieurs quartiers de Kinshasa subissent des coupures intempestives d’électricité et des délestages de plus en plus fréquents. Ces perturbations sont dues notamment à la surcharge et à l’insuffisance de la capacité de production, à la vétusté du réseau électrique, à des infrastructures anciennes et mal entretenues, au manque d’investissements dans la maintenance et la modernisation, ainsi qu’à des problèmes de gestion et de gouvernance dans le secteur énergétique.Cette crise énergétique constitue un véritable casse-tête pour les ménages et les petits commerçants. Les vendeurs de vivres frais, en particulier, enregistrent d’importantes pertes ou réduisent leurs activités faute de moyens adéquats de conservation.
En attendant une réponse concrète de la SNEL, les femmes de Kintambo restent mobilisées. Leur combat dépasse la simple question de l’électricité : il s’agit d’une lutte pour la dignité, la sécurité et un cadre de vie décent. Une voix de plus qui s’élève pour rappeler que l’accès à l’énergie demeure un droit fondamental et un levier essentiel de justice sociale.
Jacqueline kangela




