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Kinshasa étouffe dans les embouteillages : un fléau qui bouleverse le quotidien

Dans les rues animées de Kinshasa, les embouteillages sont devenus une réalité presque inévitable.     

 Aux premières lueurs du jour comme tard dans la soirée, les grands axes de la capitale se transforment en de longues files immobiles où moteurs, klaxons et frustration se mêlent. Ce phénomène, autrefois perçu comme un simple désagrément, s’impose aujourd’hui comme un véritable fléau qui modifie profondément le rythme de vie des habitants.Pour beaucoup, le temps perdu sur la route a fini par dicter l’organisation de leurs journées. Mireille Mansaka, vendeuse au marché de Gambela, en fait l’amère expérience : « Je pars parfois à 5 heures du matin pour arriver au travail à temps. Si je manque ce créneau, je suis condamnée à arriver en retard. » Cette contrainte, partagée par des milliers de travailleurs, réduit leur disponibilité, altère leur productivité et crée un sentiment de fatigue avant même le début de la journée. La santé n’est pas épargnée. L’exposition constante aux gaz d’échappement, ajoutée au stress provoqué par l’attente interminable, use les nerfs et fragilise l’organisme.

Patrick Kalenga, chauffeur de taxi-bus, raconte son quotidien : « On respire la fumée toute la journée. À la fin, on a mal à la tête, on est tendus… mais on n’a pas le choix, c’est notre gagne-pain. » Cette pollution silencieuse contribue à l’augmentation des problèmes respiratoires et de la fatigue chronique. Les conséquences financières sont également lourdes pour les ménages. Le carburant dépensé à l’arrêt, la détérioration rapide des véhicules, les retards entraînant des pertes de revenus… le coût global devient difficile à supporter. Jean-Claude, fonctionnaire, témoigne : « J’ai doublé mon budget carburant en un an, alors que je fais exactement le même trajet. » Une réalité qui pèse de plus en plus sur le budget des familles.Au-delà de l’argent et de la santé, c’est toute la qualité de vie qui se dégrade. Les longues heures passées dans la circulation créent un climat général d’irritation. Elles privent les habitants de leur temps libre, de moments en famille et même de repos. Sarah, étudiante, exprime ce malaise d’une phrase simple : « On a l’impression que la ville nous vole notre temps. On passe plus de temps dans les bouchons qu’à vivre. » Face à ce problème grandissant, les appels se multiplient pour une réorganisation profonde du trafic : amélioration du transport en commun, réhabilitation des routes abîmées, meilleure gestion des stationnements, ou encore construction de nouvelles voies pour réduire la pression sur les axes les plus fréquentés. Pour l’heure, les habitants attendent des mesures concrètes, espérant retrouver une ville où se déplacer ne rimerait plus avec souffrance et incertitude.

Jacqueline kangela

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