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Kamanyola : quand le discours politique dérive et met en péril la jeunesse(Rémy KASINDI)

Le récent passage de Moïse Nyarugabo à Kamanyola a suscité une vive inquiétude au sein de l’opinion publique. Le message délivré, tant par son ton que par son contenu, interroge profondément la conception du leadership politique dans un contexte aussi fragile et sensible que celui de l’est de la République démocratique du Congo.

Dans une interview exclusive accordée au média TOPAFRICA.INFO, Rémy Kasindi est revenu de manière critique sur cette sortie politique, qu’il considère comme révélatrice d’une dérive préoccupante du discours public. Loin de rassembler, l’intervention de Moïse Nyarugabo s’est distinguée par une posture jugée arrogante et empreinte de ressentiment. Elle a donné l’image d’un responsable politique enfermé dans une logique de victimisation permanente, se présentant comme systématiquement lésé, tout en rejetant sur autrui la responsabilité de ses échecs et de ses choix.Une telle attitude, souligne Rémy Kasindi, entre en contradiction flagrante avec les principes fondamentaux de redevabilité, d’humilité et de responsabilité qui devraient guider toute action publique.Selon lui, ce type de rhétorique n’est jamais anodin. Il s’inscrit dans un schéma bien connu où les valeurs proclamées bienveillance, honnêteté, sens de l’État sont contredites par des pratiques discursives qui attisent les divisions, nourrissent la méfiance et exacerbent les frustrations sociales.Plus préoccupant encore, cette stratégie semble reposer sur l’instrumentalisation d’une partie de la jeunesse banyamulenge, mobilisée non pas autour d’un projet collectif, inclusif et porteur d’avenir, mais au service d’intérêts personnels et factionnels. Loin de contribuer à la consolidation du tissu social, cette approche fragilise davantage une jeunesse déjà confrontée à de multiples vulnérabilités. L’instrumentalisation de la jeunesse constitue, en effet, une dérive grave. Elle expose les jeunes à des dynamiques de radicalisation, de confrontation et de repli identitaire. Au lieu de leur offrir des perspectives d’émancipation, de citoyenneté responsable et de participation constructive à la vie nationale, on les enferme dans des discours de rupture qui compromettent non seulement leur avenir, mais aussi celui du pays. Rémy Kasindi rappelle avec insistance que les jeunes Banyamulenge, à l’instar de l’ensemble de la jeunesse congolaise, ont un rôle déterminant à jouer dans l’édification d’une RDC unie, pacifique et prospère.

Leur choix le plus responsable demeure celui de la lucidité : se désolidariser des discours extrémistes, des intoxications idéologiques et des manipulations politiciennes qui hypothèquent leur avenir collectif. « L’heure n’est plus aux calculs personnels ni aux postures narcissiques », insiste-t-il. Pour lui, la République démocratique du Congo a un besoin urgent de leaders porteurs d’une vision fondée sur le vivre-ensemble, la responsabilité collective et la paix sociale. Elle a besoin de paroles qui apaisent, qui rassemblent et qui construisent, et non de discours qui fragmentent, opposent et radicalisent.

Dans un contexte marqué par des tensions persistantes et des défis sécuritaires majeurs, conclut Rémy Kasindi, chaque prise de parole publique engage une responsabilité morale et politique. « Les leaders qui aspirent à guider la nation se doivent d’être à la hauteur de cette exigence, en plaçant l’intérêt général, la cohésion sociale et l’avenir de la jeunesse au-dessus de toute ambition personnelle. »

Jérémie Baraka

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