RDC : la société civile appelle à un cessez-le-feu immédiat pour protéger les populations du Nord-Kivu

Alors que de violents combats opposant l’AFC/M23 aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les Wazalendo, ont été signalés mardi 22 septembre dans plusieurs zones du territoire de Masisi, notamment sur l’axe Ngungu et dans le secteur de Katoyi, la société civile appelle à une action urgente pour protéger les populations civiles.
Maître Dunia Ruyenzi Joseph, avocat, ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats du Nord-Kivu et membre de la société civile congolaise au sein de l’ONG Promotion de la démocratie et protection des droits de l’homme (PDH), plaide pour l’instauration d’un cessez-le-feu immédiat, effectif, contraignant et strictement limité dans le temps.
Selon lui, cette mesure permettrait de réduire les souffrances des populations affectées par les violences, notamment les blessés de guerre et les millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Il estime également qu’un arrêt des hostilités pourrait contribuer à freiner les déplacements des populations congolaises vers les pays voisins et à limiter les conséquences humanitaires du conflit dans la région des Grands Lacs.
Maître Dunia Ruyenzi Joseph insiste, par ailleurs, sur la nécessité de mettre en place un mécanisme de surveillance rigoureux, capable de garantir le respect du cessez-le-feu. À ses yeux, un tel dispositif pourrait contribuer à réduire le recrutement de combattants et le trafic d’armes, tout en créant des conditions favorables à la recherche d’une solution politique et diplomatique au conflit.
Il estime également qu’un environnement sécurisé permettrait progressivement la reprise des activités économiques et des services essentiels, notamment la réouverture des banques, des institutions de microfinance et des aéroports dans les zones affectées, ainsi que la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.
Interrogé sur la place accordée aux populations dans le processus de paix de Doha, Maître Dunia Ruyenzi Joseph reconnaît à ce processus le mérite d’avoir ouvert un cadre de dialogue entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. Il souligne toutefois, selon son analyse, la nécessité de disposer d’un calendrier clairement défini, de mécanismes de suivi et de mesures en cas de non-respect des engagements, afin d’éviter que le processus ne débouche sur un statu quo prolongé.
Face à la persistance des violences, cet acteur de la société civile appelle également les organisations citoyennes à renforcer leur plaidoyer en faveur d’une solution diplomatique. Il invite, dans le même temps, les responsables politiques favorables au dialogue et à la paix à faire entendre leur voix et à privilégier les initiatives susceptibles de favoriser la désescalade et la cohésion nationale.
Pour Maître Dunia Ruyenzi Joseph, la protection des civils doit rester au cœur de toute démarche visant à mettre fin au conflit dans l’Est de la RDC. Son appel intervient alors que les populations de plusieurs territoires du Nord-Kivu continuent de subir les conséquences des affrontements, des déplacements forcés et de la dégradation de leurs conditions de vie.
À travers cette prise de position, la société civile réaffirme ainsi la nécessité de placer la vie et la dignité des populations au centre des efforts de paix, tout en appelant les parties prenantes à privilégier une solution politique durable à la crise sécuritaire qui affecte l’Est de la République démocratique du Congo.
Benjamin Mudumbi




