RDC : la FBCP et la CNDH tirent la sonnette d’alarme sur les détentions prolongées et exigent une preuve de vie du pasteur Daniel Ngoy Mulunda

La Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP), en collaboration avec la Sous-Commission permanente des droits civils et politiques de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur la situation de plusieurs personnes détenues depuis de longues périodes en République démocratique du Congo.
Les deux structures réclament notamment toute la lumière sur le sort du révérend pasteur Daniel Ngoy Mulunda Nyanga, dont le décès fait l’objet de rumeurs persistantes sur les réseaux sociaux. Au cours d’une conférence de presse tenue ce lundi à Kinshasa, la FBCP a indiqué ne disposer d’aucune notification officielle ni d’informations vérifiables permettant, à ce stade, de confirmer ou d’infirmer la mort annoncée du pasteur. Face à cette situation, elle exige une preuve de vie immédiate, ainsi que la clarification de son lieu de détention et de son état physique, médical et juridique. Selon les informations présentées par la FBCP, Daniel Ngoy Mulunda aurait été enlevé le 18 décembre 2024 en Zambie, où il résidait en qualité de réfugié sous la protection internationale du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), avant d’être transféré vers Kinshasa. L’organisation affirme que, depuis cette déportation présumée, sa famille ainsi que plusieurs organisations de défense des droits humains, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) n’auraient plus eu accès à lui.La FBCP rappelle également qu’une déclaration attribuée au président de la CNDH, Paul Nsapu, faisait état d’une visite auprès de détenus au cours de laquelle il aurait vu le pasteur vivant. Pour la FBCP, cette déclaration n’aurait toutefois pas permis de lever les interrogations, notamment en raison de l’absence de précisions sur son lieu exact de détention. Pour les défenseurs des droits humains, cette affaire intervient dans un contexte où la question des détentions prolongées et des lieux présumés clandestins de privation de liberté continue de susciter de vives inquiétudes.
La FBCP affirme avoir recensé plusieurs cas emblématiques, parmi lesquels des militaires, des civils et des défenseurs des droits humains, dont certains seraient détenus depuis plusieurs années. L’organisation cite notamment le cas du colonel Yusse Buluya Leopold, présenté comme un ancien responsable de la sécurité de l’ancien président Joseph Kabila, dont la détention aurait duré plusieurs années. Elle évoque également le cas de Yannick Kyungu-Waku Mwaza, qui aurait été enlevé le 13 avril 2026 avec treize autres jeunes à Lubumbashi, avant leur transfert présumé à Kinshasa.Autre dossier soulevé : celui de Bishop Josée Rachidy, présentée comme une défenseure des droits humains. Selon la FBCP, elle aurait été interpellée à la suite d’une rencontre avec la ministre d’État chargée des Affaires sociales et humanitaires, avant d’être transférée à la prison centrale de Makala. L’organisation dénonce les conditions de détention qui lui seraient imposées et estime que son arrestation constitue une atteinte à l’exercice de son travail de défense des droits humains.Dans ce contexte, la FBCP et la Sous-Commission permanente des droits civils et politiques de la CNDH appellent les autorités congolaises à faire toute la lumière sur les cas dénoncés et à garantir à toute personne détenue les droits reconnus par la Constitution et les lois de la République. Elles demandent que toute personne soupçonnée d’avoir commis une infraction soit présentée devant son juge naturel afin de bénéficier d’un procès équitable.La FBCP réitère, par ailleurs, son appel à la fermeture de tous les cachots clandestins présumés sur le territoire national et insiste sur la nécessité de traduire les engagements en faveur de la paix, du dialogue et de la cohésion nationale en actes concrets de décrispation et de respect des droits fondamentaux.De son côté, la CNDH-RDC, fidèle à sa mission, par la voix de son commissaire chargé des questions civiles et politiques Me. Jean-Richard Tshibanda, présent à cette activité, a rassuré que cette situation fait l’objet d’un suivi particulier. Il a appelé à la transparence, au respect de la dignité humaine et à la protection des droits fondamentaux de toute personne privée de liberté.
Jérémie Baraka




