Minova : La pénurie d’eau potable alimente la persistance du choléra

La situation du choléra demeure préoccupante dans la zone de santé de Minova, en territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. Au centre de santé de Minova, au moins deux nouveaux cas de choléra sont enregistrés chaque jour, selon les responsables sanitaires, qui attribuent cette recrudescence en grande partie au manque d’accès à une eau potable suffisante.
L’infirmier titulaire du centre de santé de Minova, M. Paulin Magadju, souligne que l’aire de santé de Minova présente une vulnérabilité particulière. Contrairement à d’autres localités, elle ne dispose pas de source naturelle d’eau potable, hormis l’eau du lac Kivu, qui nécessite un traitement avant toute consommation. « Nous sommes l’unique aire de santé qui ne dispose pas d’une source naturelle d’eau, à part l’eau du lac. Le principal défi reste l’insuffisance en eau potable. La faible quantité d’eau distribuée par le réseau d’adduction ne couvre pas les besoins de la population. Avec le système de puisage par horaires, plusieurs ménages restent sans accès à l’eau, ce qui favorise l’apparition de nombreux cas de choléra », explique-t-il. Cette insuffisance oblige de nombreuses familles à recourir à des sources d’eau non sécurisées, augmentant ainsi les risques de contamination. Les autorités sanitaires craignent que la maladie continue de se propager si des solutions durables ne sont pas rapidement mises en place.
Les responsables sanitaires lancent un appel aux organisations humanitaires afin de renforcer les interventions dans le secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement (WASH). Ils estiment que l’amélioration de l’accès à une eau potable en quantité suffisante constitue l’une des principales mesures pour interrompre la chaîne de transmission du choléra. Parallèlement, les habitants sont invités à observer strictement les mesures d’hygiène, notamment le lavage régulier des mains au savon, la consommation d’eau traitée ou bouillie et le recours rapide à une structure sanitaire en cas de diarrhée aiguë ou de vomissements, principaux signes de la maladie. Les acteurs de santé rappellent qu’une réponse coordonnée entre les autorités, les partenaires humanitaires et les communautés demeure indispensable pour contenir l’épidémie et protéger les populations. Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali », une initiative du consortium RATECO et REMEL-GL avec le soutien de Media4dialogue de la Benelencja.




